Lundi 29 janvier 2007
Ok, on y va !
 
Créer ce blog, c'est ma méthode pour gérer les changements actuels de ma vie. Et il n'y en a pas qu'un...

Je vais tenir ce journal pour m'éclaircir les idées et réfléchir sur les choix que je dois faire dans les mois qui viennent... Nous sommes en 2008 mais l'histoire date de 2007. Pas d'étonnement donc si les articles semblent dater, je les écrit bien courant 2008...

En même temps, je vais essayer de revenir sur quelques anciens évènementsde ma vie qui aujourd'hui influencent fortement ces mêmes choix de vie. Et je m'aperçois que j'ai quand même eu une vie assez riche... tant mieux et tant pis pour moi... maintenant, ça passe ou ça casse...

Tous les éléments sont donc maintenant réunis pour commencer cette histoire...

Bien évidemment, je vais changer toutes les données réelles pour éviter le repérage intempestif mais le fond de l'histoire reste strictement authentique...

Mais inutile de commencer par le début. La fin me semble plus prometteuse en découvertes et d’aventure…

pastis, donc ! Donc, aujourd'hui, étant marié avec 1 enfant, vivant dans ce merveilleux sud-ouest de la France en bord d’océan, étant fonctionnaire, qu'est-ce que je fais un superbe dimanche soir d'été  après la plage devant mon ordinateur, un peu hésitant devant mon clavier, à la recherche de ce que je dois dire, un peu empêtré dans mes idées qui se bousculent au lieu de faire un barbecue avec des potes et du pastis ?... Hummm ?


La réponse s'appelle Frédérique, c'est une femme mais pas ma femme... 
 
  
son sourire... Pendant que je passe un WE en famille, elle fait le point, peut-être définitif avec son mari. En principe, ils se séparent dans les semaines qui viennent...
Et si Fred et moi sommes assez forts, je me sépare de ma femme aussi dans les mois qui viennent...


mon regard... … D'accord, je comprends que pour le prochain article je dois me concentrer sur notre rencontre, expliquer pourquoi elle, comment c'est arrivé…
Donc suite bientôt. En attendant, good night... and good luck !...

Par Zach - Publié dans : année 2007 - Communauté : trop dure la vie....
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Mercredi 7 février 2007

Dates : Février, Avril, mai 2007



Ma 1ere rencontre avec Frédérique, c'était dans le cadre de mon travail, en janvier.


Au fait, je suis fonctionnaire et je dépends donc d’un ministère. J’ai en charge un service de 7 personnes et je suis parfois amené à participer à des séminaires ou réunions avec des collectivités ou des organisations parapubliques. Au début, je trouvais lourdes et stériles toutes ces réunions puis j’ai compris deux choses :

 

-          tout se décide en réalité AVANT ou APRES une réunion mais jamais pendant : ce sont les petits pourparlers dans le couloir ou au resto qui font la différence,

-          parler en réunion permet quand même de faire passer des messages pour faire avancer des dossiers même si je reconnais bien volontiers ne pas être un grand « causeur ». C’est parfois un petit handicap puisque ma timidité et mon léger manque d’estime de moi (« si je parle, personne ne va m’écouter ni me croire ! ») m’empêche souvent de prendre la parole, ce que je regrette et ressasse après.

 

Je suis donc régulièrement en contact avec tous ces organismes et nous décidons de certaines orientations locales, de partenariats à développer, de plans d’actions "and so on"...


salle de séminaire Pour notre première rencontre, j'étais venu - en freinant des quatre fers et avec un manque de motivation évident - à la présentation d'un nouvel organisme spécialisé dans le l’accompagnement et le placement de demandeurs d’emploi dans le cadre de plans sociaux. Vu le peu d’intérêt que j’accorde à ces organismes privés qui cassent du service public et qui pratiquent l’autosatisfaction à haute dose, j’ai donc pris à contrecœur mes petites affaires et ma voiture pour écouter un énième orateur me dire combien ce qu’il faisait était mieux et plus beau que ce que d’autres faisaient déjà depuis des années.

Arrivé un peu en retard, j'ai donc dit bonjour à la plupart des personnes que je connaissais autour de la table et j'ai royalement ignoré la jeune femme blonde à coté de moi que je pensais être une de ces « coyote girl » de cette boite ! C’était pourtant elle. A la fin de cette réunion, toujours aussi peu motivé par cette réunion et sur le point de partir, deux collègues acoquinées avec la belle blonde, me demandent si je veux aller manger avec elles au restaurant. Fidèle à mon caractère d’ours mal léché et un peu empêtré dans ma timidité, je décline l’invitation en prétextant une autre réunion.

 

Fin de la 1ere rencontre !...


..../...

La 2eme rencontre, c'était évidemment encore pour mon travail, en février. Je devais assister à la présentation d’un nouveau logiciel commun à mon administration et une autre. Nous travaillons quotidiennement ensemble et cet outil Intranet nous permettait de partager encore plus d’informations. Nous nous sommes répartis en groupe de travail devant des ordinateurs. Encore une fois, je n’avais pas remarqué que dans le groupe à coté, une belle blonde écoutait les mêmes explications et faisait les mêmes apprentissages.

Là encore, flop complet...


Fin de la 2eme rencontre !...


..../...

La 3eme rencontre, c'était évidemment encoooooore pour mon travail, en mai.


Cette fois-ci, je suis parti une semaine en formation. Je dois reconnaitre que c'est plutôt contraint et forcé que je m'y suis rendu. C’est même tout un cursus de formation étalé sur plusieurs mois que je devais suivre car j’avais été nommé depuis un an sur un nouveau poste de cadre. J’avais une expérience pourtant similaire que j’avais essayé de faire valoir à mon service RH mais il  n’avait rien voulu entendre : je devais suivre le cursus comme si j’étais un nouvel agent de l’état ! Encore une semaine de perdue, je pensais.


J’ai donc pris le 1er TGV en partance le lundi matin, bien qu’il me fasse arriver avec une bonne heure de retard après le début de la formation. En arrivant au centre d'affaires dans Toulouse qui l’hébergeait, j'avais largement plus envie d'être déjà au vendredi. Par contre, cette fois-ci, sur ma lettre de convocation, j'ai repéré le nom de Fred et je me souvenais vaguement que c'était une belle fille, même si j’étais bien incapable de me souvenir d’où je la connaissais...

 
salle de formation En entrant dans la salle, je me suis gentiment confondu en excuses auprès du formateur et je l'ai tout de suite repéré parmi les 10 collègues autour de la table (la photo est juste une illustration). J'ai vite repéré aussi la chaise libre à coté d'elle et je me suis assis.


Et voilà comment commencent les plus incroyables histoires : d’une manière très naturelle, très douce, très fine, le rapprochement s'est fait. Pour notre premier repas de midi, étant le seul homme du groupe, je me suis proposé pour prendre la place en bout de la grande table rectangulaire, laissant ainsi les places centrales aux femmes. Fred arrivant en dernier, elle du s'asseoir aussi en bout de table, en face de moi... Son dynamisme et son aisance à parler ont vite eu raison de ma timidité, nous avons d’abord discuté un peu boulot, de nos parcours respectifs et de nos familles.

 
L'après-midi s'est poursuivi et nous avons continué à échanger de temps en temps quelques réflexions... A la fin de cette 1ere journée, nous sommes tous retournés à footing idéal... notre hôtel pour déposer nos bagages, les filles du groupe sont ensuite allées faire un peu de shopping et moi, je suis parti faire un bon footing ("Lets get it started" des "Black Eyed Peas" me va très bien pour démarrer un footing !). Pour le diner, nous nous sommes tous retrouvés au restaurant de notre hôtel. Une table en terrasse donnant sur un beau jardin intérieur nous attendait.

Encore une fois, Fred et moi nous sommes retrouvés assis face à face, comme si cela était naturel, dans l'ordre des choses... l’air printanier autant que la première journée de formation nous incitait à laisser trainer le repas en longueur. Nous avons longuement profité de la soirée qui nous enveloppait pas à pas dans sa nuit. En fin de repas, certains d’entre nous sont allés s’asseoir dans le jardin. Après cette chaude journée, l'herbe était fraiche sous le pied. Il y avait comme un parfum de vacances dans l'air. Nous avons discuté jusqu'à tard dans la nuit. Tout y est passé : la famille, les enfants, les hommes, les femmes...


Plus tard, en rentrant dans ma chambre, je dois reconnaitre avoir chambre d'hôtel longuement pensé à Fred. Plutôt grande, athlétique, blonde, un superbe regard aux yeux verts rieurs, un sourire enjôleur et un superbe décolleté. Au premier abord, on pourrait croire à une bimbo friquée : belle, sure d'elle et qui le montre mais sans ostentation. Elle en impose et l’on peut vite se sentir en déséquilibre face à elle. Mais rapidement, on s'aperçoit qu'elle est tout simplement femme et on découvre avec plaisir quelques rides de trentenaire aux coins de ses yeux qui ajoutent encore à son charme...


Toute la semaine s'est ensuite passé à l'identique : ensemble au petit déjeuner, en formation, au repas de midi, au diner... toujours à parler de tout et rien avec une facilité surprenante. J’avais du mal à me reconnaître, je me sentais plutôt en confiance, j’avais une assurance que je ne me connaissais pas, j’éprouvais du plaisir à discuter, à échanger…

Mais notre relation commençait à m'intriguer : non pas sur l'éventualité qu'elle soit plus poussée mais sur sa nature. Quand Fred parlait, je me surprenais parfois à la regarder plus attentivement, à m’interroger sur cette facilité que nous avions eu à nous trouver et à rester ensemble comme deux vieux copains qui se retrouvaient. C'est comme si je reconnaissais quelque chose en elle que je n'arrivais pas à définir.


C'est le mercredi soir, lors du diner, qu'en une seconde, j'ai plus fortement ressenti cette curiosité, cette attirance à son égard... Elle me raconta une blague de blonde :


"- Zach, tu sais pourquoi les blondes ont les cheveux recourbés ?"


Je répondis qu'évidemment, je n'en avais aucune idée...

Elle me raconta :


" - parce que quand tu poses une question à une blonde elle répond : j'sais pas !"


Et en faisant cette réponse, elle fit quatre choses en même temps : elle haussa les épaules ce qui fit recourber le bout de ses cheveux, elle papillonna un peu des yeux, elle inclina légèrement la tête sur le coté et fit un grand sourire.


Voilà. C’est à cet instant, c'est par cette mimique toute simple, qui voulait montrer la naïveté d'une blonde concernant sa blague, que ma curiosité fut mise en éveil. Je pense même que tout est parti de ce simple échange. A ce moment-là, j'ai vu sur son visage quelque chose qui m'avait quitté depuis trop longtemps : la joie de vivre, même plus simplement la vie. Quand on a vécu ce que j'ai vécu, c'est comme s'éveiller d'un rêve un peu cotonneux, comme un déclic... Plus tard, je raconterai aussi cette histoire...


Le vendredi après-midi, comme nous étions venus tous les deux par le TGV mais sur des horaires différents, nous repartîmes cette fois-ci ensemble. La discussion que nous avons eu d'abord sur le quai de la gare puis dans le train a ressemblé à nos premiers rendez-vous : nous nous sommes encore loupés !...



Prochain rendez-vous : une discussion TGV !

 

Par Zach - Publié dans : année 2007
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Vendredi 25 mai 2007

Toulouse - 25 mai 2007

 

  - "Si tu veux, on peut s'installer ici !". Je montre à Fred un banc sous un arbre. Elle acquiesce.


Gare de toulouse J’ai repéré ce petit coin ombragé et tranquille, nous nous asseyons et commençons à manger. La semaine de formation vient de se terminer, nous sommes maintenant devant la gare TGV de Toulouse à attendre notre train. Nous avons une bonne heure d'attente et, comme nous sommes à l'heure du repas, nous avons acheté deux sandwiches.

Pour moi, c'est un peu l'heure du bilan. Je viens de passer une étrange semaine, entre curiosité et optimisme. La curiosité de découvrir cette étrange personnalité qu’est Fred avec son incroyable sens de la conversation, sa joie de vivre et cette étrange impression de me sentir si bien auprès d’elle. Et cet optimisme de découvrir qu’une aussi belle femme accepte de me parler, de sentir qu’elle s’intéresse à moi…

J'ai l'impression que Fred et moi avons peut-être envie de mieux nous connaître, de nous revoir même si je ne veux pas réellement le croire ; de toute façon, je ne sais pas trop comment je pourrais aborder le sujet, je me sens un peu gauche et dépassé devant elle...


Du coup, nous mangeons tranquillement en parlant de choses et d'autres. Je me sens plutôt détendu, comme en vacances. Je pourrai même imaginer que ce sont nos vacances, à Fred et moi.

Le temps est printanier, l’herbe coupée embaume autour de nous, l’ombre des arbres nous apporte juste la fraicheur nécessaire, tout incite à la détente. Je la dévisage parfois discrètement  et je vois de plus en plus son sourire, son regard vivant, ses gestes ronds de la main qui ponctuent ses phrases, sa façon de hausser les sourcils... Je n'arrive même pas à imaginer ne pas la revoir rapidement...


Puis nous nous dirigeons tranquillement vers le quai de la gare. Nous reparlons un peu travail. Je tourne des idées dans ma tête pour savoir comment lui dire que j’aimerais la revoir, que j’ai pris du plaisir à être avec elle cette semaine. Et si elle me jetait gentiment mais me jetait quand même ? Je n’ai pas du tout envie de ça et je ne me sens pas prêt à être gentiment remis en place. Je me demande comment font les hommes et les femmes pour franchir ce cap primordial entre le simple relationnel et l’intérêt plus personnel. Depuis 12 ans que je suis marié, je n’ai jamais regardé une autre femme et je manque d’habitude ! Bon, peut-être glisser quelque chose sur son physique sous forme de compliment mais en restant dans un cadre professionnel ?

 

  - "Dis-moi, Fred, comment ça ce passe pour toi pour diriger ton service ? Parce que tu parais tellement agréable à vivre, ça ne dois pas être toujours facile avec les hommes, non ?"


   - "qu'est-ce que tu veux dire ?"

Oups, j'ai l'impression très nette d'avoir dit une bêtise et que tout va très vite déraper... Je cherche à m’expliquer et je dois faire un effort pour ne pas bredouiller :


  - "simplement que moi, j'ai passé une excellente semaine à tes cotés, j’ai beaucoup apprécié... et j'imagine que pour les hommes, quand tu discutes avec eux, ils doivent souvent penser à te draguer, non ? Ça doit être parfois difficile, non ?"

Là, j’ai l’impression que j’ai plutôt donné une bonne explication.

 

  - "tu sais, Zach, en formation, c'est un moment où je peux être plus détendue... par contre, au travail, je sais quand même mettre des distances !"

undefined Aïe ! Je sens qu'elle recadre encore une fois mes propos ! Du coup, je pars dans des idées plutôt générales sur le management jusqu'à l'arrivée du TGV.

Nous trouvons sa place et installons nos affaires. Par chance, la place contiguë n'est pas prise et je m'installe. Dès le train démarré, Fred me propose de prendre un verre au bar.


Nous reprenons nos discussions. Cette fois-ci, nous parlons de nos conjoints. Je lui raconte que malgré tout l'amour que j'ai pour ma femme, je m'épuise à arrondir les angles et à la faire avancer. J’ai souvent l’impression de devoir faire beaucoup de concessions pour avoir une tranquillité d’esprit, même si c’est une personne très douce et tranquille.


De son coté, Fred me dit que son mari semble plus intéressé à la façon dont elle s'habille que leur propre relation. Elle me raconte comment elle a parfois dragué d’autres hommes parce qu'elle se sentait incomprise.

 

Du coup, je relance une vague tentative en me disant qu’elle comprendra mon propos :


  - "et si les types avec qui tu étais te relancent, tu fais comment ?"

Elle me regarde droit dans les yeux sans sourire et me dit :


  - "les feux que j'allume, je peux tous les éteindre !"

  

flammes Aïe ! Encore une fois, je le prends plutôt pour moi comme un avertissement sans frais...


Mais nous continuons pourtant à deviser et étrangement nous semblons toujours autant en accord sur une certaine façon de penser la vie, sur les mêmes envies... Nous n'arrêtons pas de nous parler puis, après une éternité, nous abordons les dernières petites gares avant Bordeaux alors que le soir arrive. Nous rejoignons nos places et nous parlons moins. L'idée de nous séparer me parait très triste, d'un coup...

A l’arrivée, nous nous mettons d'accord pour qu'elle descende en premier. Cela évitera les malentendus avec nos conjoints. Dans le couloir, elle me dit une dernière phrase :


  - "en tout cas, Zach, j'ai été ravie de passer une semaine avec toi. J'espère qu'on pourra continuer à travailler souvent ensemble...".


  - " et pour moi, c'était vraiment très agréable aussi. Merci pour cette semaine.". En disant ça, je pose ma main sur bras un peu plus longtemps que nécessaire.


Je la regarde prendre de l'avance. J’ai une petite pointe qui s’installe dans ma poitrine. Je la vois devant moi sortir de la gare et se diriger vers une voiture garée devant. Ma femme m'attend dans celle garée juste devant. J'ai juste assez de force pour lui sourire et lui dire bonjour, je me sens coupable sans avoir rien fait. Mais j’ai surtout l'impression d'avoir commis une énorme erreur en ne demandant pas franchement à Fred si nous pouvions nous revoir pour discuter sur un plan plus personnel. 

 
Mon ventre se noue. J'ai du mal à revenir à la réalité...

Le temps dehors est superbe. Il y a dans l’air une ambiance joyeuse et pressée : les derniers voyageurs se pressent pour cherche du regard un proche, des mains se lèvent, des sourires se dessinent, j’entends des débuts de conversation…

 

La nuit est tombée mais la chaleur persiste. Mais je ne ressens rien, juste un grand vide qui se creuse en moi... 

Par Zach - Publié dans : année 2007
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Lundi 28 mai 2007

Bordeaux - 28 mai 2007

 

En arrivant à mon bureau ce lundi matin, j'envoyai rapidement et comme d'habitude, un mail aux personnes de la formation pour échanger documents et impressions. J'en profitai aussi pour remercier les intervenants.

mon bureau Je regardais longuement la pièce que j'occupais : un grand bureau avec des murs à mi-hauteur surmontés des baies vitrées. J'avais comme ça une vue complète sur mon service mais ce matin-là, je m'y sentais plutôt seul. Le retour au travail après la semaine passée auprès de Fred était difficile.

 

Une seule question mobilisait mon esprit : comment reprendre contact ?

Il me semblait de plus en plus évident que quelque chose nous était arrivé à Toulouse. C'est comme si nous nous étions trouvés, nous avions une réelle complicité, nous trouvions toujours le bon moment pour rester l'un près de l'autre. Je pensais laisser passer la matinée et envoyer directement un mail à Fred. Je pourrais lui demander un quelconque avis professionnel qui mériterait que l'on se voie ou que par défaut on se téléphone. En laissant cette idée murir dans un coin de ma tête, je commençais sans joie à travailler mes dossiers en souffrance. Une heure après, je voyais arriver un premier mail de Fred.

 

 

From :           Fred

To :                All

Bonjour à toutes et à tous !

J’ai passé une très bonne semaine de formation et j’attends la prochaine avec impatience. Comme convenu, je vous envoie les documents que je vous avais promis. J’espère qu’ils vous seront utiles.

En pièce-jointe, vous trouverez aussi quelques blagues envoyées par une collègue de mon service : ca fait toujours du bien !

 

Cordialement,

 

Fred.

 

En lisant ce mail, je me demandais comment en profiter pour donner une réponse à Fred qui me permettrait de relancer le lien. Je trouvais bien en pièces jointes les différents documents évoqués par Fred et les quelques blagues. Je lisais et relisais le mail mais ne savait toujours pas quoi écrire. Devais-je juste la remercier ? Lui proposer carrément de manger ensemble un midi ? Je ne me sentais pas à être trop direct, toujours pour cette fameuse crainte d’être rejeté. Je me souvenais alors que nous avons parlé de son collègue qui lui avait envoyé des blagues, elle m’en avait une description assez savoureuse en le comparant à un petit coq, toujours à papillonner et se donner de l’importance au milieu d’une équipe exclusivement féminine. Ce serait peut-être pour moi une première approche à tenter.

 

 

From :           Zach

To :                Fred

Merci Fred pour la doc. Pour les blagues, ce ne serait pas le fameux « coq » dont tu m’as parlé ?...

 

Je restais les doigts au dessus de mon clavier en me disant qu’il manquait quelque chose de plus personnel et je rajoutais :

 

…En tout cas, j’ai passé aussi une très bonne semaine en ta compagnie et je t’en remercie.

Cordialement,

 

Zach.

 

   

Voilà, je regardais le mail de la dernière chance, je me demandais si c’était trop ou pas assez, puis j’appuyai sur la touche Entrée. C’était fait.

 

undefined Je m’aperçu alors que j’avais retenu ma respiration pendant tout le temps de l’écriture jusqu’à l’envoi du mail et je poussais un grand soupir. Je regardais mon Outlook en me demandant ce que Fred allait en penser et si elle allait réagir. Puis j’ai repris mon travail en essayant de n’y plus penser. Je travaillais sur mon ordinateur depuis quelques minutes quand apparut la fameuse petite fenêtre bleue : « vous avez un message ».

 

Du coin de l’œil, je repérais l’expéditeur : c’était Fred !

 

 

From :           Fred

To :                Zach  

Hello !

Oui, c’est bien de lui dont je t’ai parlé et il n’a pas changé !

Moi aussi, j’ai passé une très bonne semaine en ta compagnie et j’espère nous revoir très bientôt.

 

Mais je reste soft…

 

Fred.

 

Je relisais le message avec cette dernière phrase intrigante : « je reste soft » ? Soft de quoi ? Elle parle de son collègue, de nous revoir ? Je réfléchissais à peine quelques secondes pour répondre :

 

From :           Zach

To :                Fred

Soft de quoi ?

 

Voilà, je ne mettais rien de plus, il me paraissait que c’était la seule réponse appropriée. Le retour ne se fit pas attendre :

 

From :           Fred

To :                Zach  

C’est vrai que j’ai passé une agréable semaine avec toi et j’aimerais savoir si on pouvait travailler de temps en temps ensemble…

 

undefined Je reculais un peu mon fauteuil en lisant sa réponse. Pour moi, je venais de basculer du simple relationnel à quelque chose de plus personnel. C’était peut-être mon imagination mais j’avais maintenant besoin de savoir, il me semblait évident que je ne pouvais pas laisser passer la chance d’être plus clair. Comment trouver la phrase adéquate ? Toujours ce maudit double langage que je connais si peu et maitrise si mal ! Et je me suis dit que le plus simple était de rebondir sur sa phrase :

 

From :           Zach

To :                Fred

Pour le savoir, il faudrait se voir…

 

From :           Fred

To :                Zach  

Je te laisse choisir, j’aime bien que l’homme prenne ce genre de décisions.

 

Je réfléchissais à peine quelques secondes pour répondre :

 

From :           Zach

To :                Fred

Hummm, voyons voir : formation trop lointaine, réunions trop aléatoires… je propose un repas d’affaires sur un territoire neutre ? Ce vendredi ?

 

J’étais étonné de mon culot en envoyant ce dernier message, j’avais du mal à comprendre comment je pouvais être aussi direct avec une femme alors que nos échanges avaient glissé sur un chemin inconnu mais follement tentant pour moi en tout cas.

 

From :           Fred

To :                Zach  

D’accord, choisis l’heure et le resto…

 

From :           Zach

To :                Fred

Le Zen, vers le quartier de la Bastide ? ... A midi ?

 

Fred me confirma le rendez-vous. A partir de là, la semaine fila comme l'éclair. Nous avions un océan de dossiers qui s'étaient accumulés pendant notre formation et nous devions aussi gérer ceux qui nous arrivaient au quotidien. Mais qu'importe ! Une seule chose comptait : être libre vendredi midi et avoir du temps pour nous.

Nous échangions plusieurs mails par jour pour modifier la date ou le lieu de rendez-vous car je voyais que la météo capricieuse nous empêcherait de manger en terrasse ou Fred pensait que ses collègues allaient manger dans le même restaurant.

 

Le vendredi arriva…

 

Par Zach - Publié dans : année 2007
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Vendredi 1 juin 2007

De : Zach
Envoyé : jeudi 31 mai 2007 17:14
À : Fred
Ma réunion avec les autres services était sympa mais pas très constructive. J’ai juste réussi à placer la phrase : « bien que ça ne soit pas dans nos habitudes, on peut essayer de faire moins bien, si vous voulez… ». Top, non ?

Et toi, après-midi intéressant et studieux ? et long ? Sinon, il pleut chez toi ?

 

De : Fred 
Envoyé : jeudi 31 mai 2007 17:22
À : Zach
Top phrase, j’avoue ! du grand Zach !!!!

Pour ma part, réunion classique.

Concernant la pluie, c’est mi-figue mi-raison, j’espère surtout que cela ne t’empêchera pas de venir demain ….

 

De : Zach
Envoyé : jeudi 31 mai 2007 19:58

Objet : RE: no ending day
À : Fred
il est 20h00 mais j'avais envie d'envoyer un mail. Voilou !

PS : j'ai mis ma ligne directe dans ma signature mail....

C U tomorrow, girl...


Bordeaux, vendredi 1er juin 2007

 

 



Ce matin, en quittant mon domicile, j'ai d'abord regardé le ciel : lumineux, bleu, intense, je sentais déjà les odeurs chaudes et légères du printemps : la promesse d'une belle journée.


Puis mon regard s'est promené aux alentours : la végétation étalait ses plus belles couleurs : les verts intenses des arbres, les rouges des premières fleurs de lauriers....  même l'air me paraissait vibrer dans les premiers rayons d'un soleil déjà presque blanc.


J'ai dix minutes pour me rendre à mon travail. Dans le rétroviseur, mon immeuble a rapetissé. J'habite dans un quartier tranquille de la périphérie de Bordeaux. On y croise de la "middle-class" hétéroclite : mes voisins sont un intérimaire un peu fainéant, un maçon portugais gueulard, une retraitée de l'éducation nationale, un technicien géomètre et j'en passe... En m'éloignant de mon domicile, j'ai la sensation qu'à mon retour, ce soir, je ne verrai plus cet endroit comme maintenant ; que plus rien ne sera comme avant.


Je commence ma matinée de travail comme d'habitude : je regarde mes derniers mails avec sa cohorte de notes de service, de modifications de lois, de demandes diverses de la part de partenaires ou des questions émanant des personnes de mon service. Une fois effectué mon 1er tri selon l'urgence et l'importance (les puristes un excellent principe ! reconnaîtront le principe d'Eisenhower "ce qui est important et urgent"!), je vais me préparer un café léger que je bois à mon bureau, puis je me lance dans une lecture plus approfondie de mes mails ainsi triés.


J'arrive souvent en avance pour profiter de ce moment de tranquillité : le calme règne encore, le silence impose encore sa force, je peux me préparer mentalement et démarrer en douceur ; après, ce sera toute la journée une gymnastique entre les demandes urgentes des uns et des autres qui vont régulièrement interrompre mon travail.


mon bureau (encore ?) Mais ce matin-là, assis à mon bureau, alors que mes premiers collègues arrivent, qu'ils s'interpellent de loin en se racontant leur vie ou en préparant leur travail, alors que les téléphones commencent à sonner et que le tapotement des doigts sur les claviers d'ordinateur monte en puissance ; quelque chose occupe à cet instant toute mon attention : je ressens à l'intérieur de ma poitrine un chuchotement, un bruit sourd qui arrive d'au-delà mon être, qui s'intensifie, comme si mon cœur se remettait à battre tout doucement, presque timide de se faire entendre de nouveau, se cachant de crainte d'être entendu et j'ai l'impression à la fois formidable et douloureuse que cela ne m'était plus arrivé depuis très longtemps.


Et à l'unisson de cette pulsation, se déverse en moi et me submerge, m'emporte et me cloue sur place, dans mes muscles et sur ma peau, dans mes mains qui se serrent et dans ma respiration, dans mes pupilles qui s'agrandissent et sur mes lèvres qui commencent à sourire, une émotion violente, unique, radiante, une envie énorme de vivre ! Je dois fermer les yeux quelques instants pour reprendre le contrôle de mes émotions et quand je les rouvre, je me sens si faible que je ne vais pas arriver à me lever avant de longues minutes.


De : Fred 
Envoyé : vendredi 1 juin 2007 08:37
À : Zach
Je dois t’avouer qu’il est très agréable d’arriver le matin au bureau et d’avoir un petit mail ! ( de ta part, of course…)

Je voulais juste te prévenir également que aujourd’hui, je me la joue « working girl » (restons dans les anglicismes) avec mes lunettes alors ne soit pas surpris …. ( ou alors dans le bon sens, genre femme à lunettes, femmes à ….)

Bref à tout à l’heure

 

De : Zach
Envoyé : vendredi 1 juin 2007 10:00
À : Fred
Working girl, tu dis ? Moi, ce sera style « Magnum-Hawaïi ».

PS : Working girl en robe ?

Le Working girl dress code n’est que pour les lunettes ?

(même si les femmes à lunettes ont un charme fou, n’est-il pas ?)



10 heures du matin ! Encore une fois, je regarde l'heure sur mon ordinateur et encore une fois, il me semble que le temps n'avance plus. Je n'en peux plus d'attendre. Je dois déployer toute mon attention et mon énergie pour répondre aux quelques questions des personnes de mon service et pour avancer à pas de fourmi dans mes dossiers. J'ai passé ma matinée à prévenir que je partirai assez tôt. J'ai déjà imaginé dans ma tête tous les scénarios : si ma femme me téléphone pour me demander si je veux déjeuner avec elle, je lui dit que je dois déjeuner avec d'autres responsables de service en ville ; si ce sont des collègues qui me demandent la même chose, même réponse ! Et si… et si… je m'en fous, rien ne m'empêchera d'aller rencontrer cette femme blonde, sensuelle, féminine, intrigante, dérangeante, attirante qui semble m'envoyer un message encore confus dans ma tête, comme une vision floue devant mes yeux et des paroles assourdies.

 

 


Bizarrement, je n'arrive pas à me dire que je mens à ma femme. Pourtant, je sais bien que je le fais et je pense savoir dans quel but. Mais en même temps, ce n'est pas l'idée assez probable d'avoir une aventure qui me guide, je ne pas suis un "chasseur" de femmes et je ne ressens pas assez d'intérêt pour une simple aventure sexuelle. Alors encore une fois, je m'interroge sur ce que j'ai furtivement vu ce fameux mercredi de notre séminaire. Fred m'a montré quelque chose ce soir-là, m'a touché et je veux découvrir quoi. Je sens que c'est important pour moi et que ça dépassera largement le cadre d'une banale aventure.


De : Fred 
Envoyé : vendredi 1 juin 2007 10:09
À : Zach
Non, cela vaut aussi pour le pantalon noir et des escarpins de 9 cm…

Ne poussons pas trop le bouchon, je suis rarement en robe… si tu es gentil, je ferais peut être l’effort, un jour, peut être…

 

De : Zach
Envoyé : vendredi 1 juin 2007 10:30
À : Fred
Aïe, 9 cm d’escarpin ?

 

De : Fred 
Envoyé : vendredi 1 juin 2007 10:36
À : Zach
Pourquoi aïe ? pour le 1.80 M pour moi avec ou pour la difficulté pour moi de marcher avec

 

De : Zach
Envoyé : vendredi 1 juin 2007 11:06
À : Fred
1ere solution. Je rappelle que je ne fais pas 1M80. 11h07 ? passe pas vite, le temps ce matin…

 

De : Fred 
Envoyé : vendredi 1 juin 2007 11:14
À : Zach
Je suis en total désaccord avec ce dicton, en tout cas lorsque je suis en attente de déjeuner avec toi !!!

De : Zach
Envoyé : vendredi 1 juin 2007 11:28
À : Fred
Mince, notre 1ere dispute ! Chouette, ça va mettre encore plus de tension… 11h27 !

 

De : Fred 
Envoyé : vendredi 1 juin 2007 11:30
À : Zach
Plus de tension, tu es sur ? Ou plus de …

 

De : Zach
Envoyé : vendredi 1 juin 2007 11:39
À : Fred

Plus de… ?
Dis-moi quelque chose pour me faire patienter….

 

De : Fred 
Envoyé : vendredi 1 juin 2007 11:41
À : Zach
J’ai hâte de te voir …

 

De : Zach
Envoyé : vendredi 1 juin 2007 11:44
À : Fred
Moi aussi… On fera une approche au feeling ?...

 

De : Fred 
Envoyé : vendredi 1 juin 2007 11:51
À : Zach
Comme des chats… Je pars dans 2 min

 

De : Zach
Envoyé : vendredi 1 juin 2007 11:57
À : Fred
Objet : RE: 11h50

Le dernier qui arive à un gage… Devant le marché, donc ?


11h30. Cette fois-ci, je n'en peux plus. Après un dernier regard à ma montre, je me lève et préviens un collaborateur que je pars déjeuner. Il lève un regard vaguement place de marché étonné mais me souhaite un bon appétit. Je fonce à ma voiture. En chemin, j'arrive même à me tromper de rue et je perds de précieuses minutes à reprendre ma route. Enfin, j'entre dans ce petit quartier animé de banlieue. Je longe une grande place centrale où se tient un marché. De l'autre coté de la rue, il y a le restaurant où nous devons nous retrouver. Et d'un coup, je la vois : elle est en train de téléphoner sur le trottoir d'en face, en m'attendant. Toute simple vêtue d'un jean et d'une chemise blanche, ses cheveux blonds lâchés sur les épaules, je la trouve troublante et resplendissante. Je me gare au plus près, je reste quelques instants à la contempler pour garder en mémoire cet instant, avant que tout ne bascule et je la rejoins.

 


Pendant que je parcours les derniers mètres, je regarde Fred qui ne m'a toujours pas remarqué. Je m'approche d'elle et lui lance :

  - salut, Fred, comment ça va ?


Elle se retourne, souriante, radieuse, visiblement un peu nerveuse vers ma direction et me répond simplement aussi avec un "bonjour, bien et toi ? ". En l'embrassant, j'ai envie de prendre de suite ses lèvres mais les convenances me retiennent encore. terrasse de restaurant Nous traversons la route et nous installons à une petite table en terrasse. Assis l'un en face de l'autre, nous nous rappelons nos échange de mails de cette semaine.

 
 - heureusement que j'ai envoyé le 1er mail sinon tu ne m'aurais jamais recontacté, dit-elle sur un ton joyeux en me regardant franchement.

  - Tu sais, j'ai aussi envoyé un 1er mail général dès le lundi matin en disant que j'avais des docs à disposition.

Je me disais comme ça que c'était un moyen pour toi de me contacter aussi...

 

Elle me regarda en souriant :

  - C'est vrai ! Mais quand j'ai dit que je restais soft, c'était vraiment ma dernière cartouche. Après, je ne savais plus quoi faire pour te contacter directement. Je me disais qu'encore une fois je m'étais planté.


Cette fois-ci, sa phrase m'interpelle, je lui demande ce qu'elle veut dire par "encore une fois...".

  - Tu ne te souviens pas dans le train ce que je t'ai dit sur les feux que j'allume et j'éteins ?

  - bien sur que oui. J'ai surtout compris que ça s'adressait à moi et que tu me disais clairement que notre relation serait strictement professionnelle...


Maintenant, c'est au tour de Fred d'avoir un regard de travers et une petite moue :

  - Tu l'as donc bien pris pour toi ? dit-elle, amusée.

  - Bien sur !

  - Tu n'as pas compris ce que je voulais dire ?

  - ...Que si je pensais avoir été allumé par toi, tu étais en train d'éteindre le feu de suite !

Fred partit dans un petit rire :

  - Mais non ! Je voulais simplement te dire que je t'allumais un peu ; en aucun cas je ne cherchais à éteindre le feu ! Oh la la, on s'est vraiment mal compris !

Et elle renversa un peu la tête en arrière et se met à rire. Du coup, je ris aussi car je me souviens d'un autre malentendu probable :


  - Attends, tu sais que sur le quai de la gare, quand je te disais que ça ne devait pas être toujours facile pour toi avec les hommes car tu paraissais tellement féminine et communicante, tu l'as pris comment ?


Fred prit un faux air sérieux : 


  - Mal ! J'ai eu l'impression que tu me comparais à une blondasse stupide !

  - Mais non ! C'était pour moi une sorte de compliment détourné pour dire que je te trouvais très agréable...


Je pris un temps avant d'ajouter :


  - ... Que tu me plaisais...


Le regard de Fred change, je le vois devenir plus brillant, plus rond. Elle regarde au loin, elle hoche un peu la tête, je vois ses lèvres qui réfrènent un sourire. Elle ne parle plus, me regarde de nouveau. Je sens aussi que les mots sont à cet instant sans importance, seuls les actes compteront. Sans en être conscient, je tends ma main droite à travers la table, paume ouverte et je m'entends demander :


  - Fred, tu peux me donner ta main, s'il te plait ?


2 mains qui se prennent... Alors, avec une grande simplicité et un temps d'hésitation, sa main se pose dans la mienne sans précipitation, avec un grand naturel. J'ai l'impression qu'autour de nous les bruits nous arrivent plus feutrés, peut-être même que les personnes présentes parlent plus doucement.

Nous nous regardons, nous regardons nos mains jointes, nous nous regardons encore. En cet instant, je comprends que nous sommes enfin réunis, que c'est plus fort que le simple contact de nos mains réunies, plus intense que la promesse de nos corps, que quelque chose de plus profond s'éveille en nous, comme une ancienne promesse tenue. Fred me regarde encore et un sourire plus large se dessine sur son visage. Elle pose son autre main sur sa poitrine en soufflant :


  - Je crois que tu ne sais pas à quel point tu viens de me faire plaisir, Zach ! Je n'aurais jamais cru que cela se passerait comme ça, aussi vite !


  - Moi non plus, Fred. Je ne sais pas, ça m'a paru d'un coup tellement important de prendre ta main... Je pense que c'était ce moment et pas un autre. Tu es d'accord ?


Elle me répond "oui" dans un souffle et reprend :


  - Contrairement à ce que tu pourrais croire, je n'ai pas vraiment l'habitude de ce genre de situations.

  - Moi non plus, Fred !

  - Mais je peux te dire que j'attendais ça avec une impatience, tu ne peux pas imaginer... Surtout depuis le temps que je te connais ! me répond-elle en riant.


   - Comment ça, depuis le temps ?


Et voilà que Fred me rappelle le nombre de fois où nous nous sommes déjà rencontrés : la présentation chez un partenaire, celle d'un nouveau logiciel... je n'en reviens pas ; Fred s'en souvient comme si c'était hier : je ne lui avais même pas dit bonjour la première fois, je ne lui avais pas dit trois mots la fois suivante... Je m'étonne qu'elle s'en souvienne, elle me répond que je suis quand même plutôt agréable à regarder et que je donne l'impression de quelqu'un de responsable. Je suis assez surpris de cette description car je pense plutôt être assez passe-partout physiquement et pas forcément très sur de moi.


Quand à moi, je lui explique qu'elle me paraissait inaccessible par son coté "bombasse de la trentaine", ses fringues à la mode, et je vois Fred hausser des épaules et me dire :


  - Tu rigoles, Bruno ; j'ai des tongs à 5 euros et le chemisier vient d'un marché et m'a coûté 10 euros. J'adore les fringues mais je n'aime pas jeter l'argent par les fenêtres. J'ai les goûts les plus simples du monde ! Ce n'est pas avec moi que tu vas te ruiner en resto ou en fringues... Et je ne suis pas une bombasse, bon, si, d'accord, un peu quand même ! conclut-elle en riant.


Cette fois-ci, l'envie est trop forte et je lui demande à moitié sérieux :

 
  - je crois que là, maintenant, il faudrait qu'on s'embrasse sinon je ne vais pas tenir !


undefined Fred s'arrête d'un coup, rougit et je m'avance par-dessus la table. Elle essaye de me dire qu'il faudrait peut-être attendre mais mon visage est trop près du sien. Elle s'avance aussi et nos lèvres se rencontrent pendant que ma main libre se pose entre sa joue et son cou. Le contact est magique : je la sens, je la respire, je la goûte... Nous reprenons nos places après de longues secondes. Nous sommes presque essoufflés. Fred expire d'un coup et disant à peu près "Waouh" et en papillonnant des yeux.


Du coup, la faim arrive brutalement et nous nous apercevons que nous n'avons toujours pas touché à notre repas tandis que l'heure de notre première séparation approche. Nous voilà pris d'une soudaine envie de quitter cet endroit au plus tôt : nous engloutissons nos assiettes en demandant presque en même temps l'addition. Le serveur semble comprendre notre soudaine accélération et nous pouvons quitter le restaurant en quelques minutes.


J'accompagne Fred à sa voiture. Alors que le temps presse, nous commençons à nous embrasser de façon plus passionnée : elle me dit de monter avec elle dans sa voiture car elle est quand même inquiète d'être vue par quelqu'un. Nous sommes à la limite de l'attentat à la pudeur à l'intérieur mais rien ne compte... sauf le temps qui passe. Nous nous séparons :


  - Appelle-moi cet après-midi, s'il te plait ! me dit Fred dans un souffle. Je lui réponds : 

  - J'ai juste une réunion en début, je pourrais vers 16h00. Ca te va ?

  - Oui, à tout à l'heure...


Et je vois Fred partir en voiture. Je reste sur cette place du marché de longues secondes sans bouger. Ce qui vient de se passer vient, je le sens, de bousculer beaucoup plus que mes petites habitudes : c'est de ma vie qu'il s'agit, et je repense à cette phrase d' Henry THOREAU dont la citation apparaissait dans le livre de Philippe LABRO "l'étudiant étranger" : "la plupart des hommes mènent des existences de désespoir tranquille". C'est ça que Fred vient de mettre à nu, de bousculer : mon désespoir tranquille.


Et pourtant, au milieu de cette place, entouré d'hommes et de femmes qui s'interpellent, se croisent, se perdent, travaillent,
par-dessus le brouhaha de la vie, au milieu des bruits de la ville, alors que je reste là, les bras ballants, incapable de bouger, le corps tétanisé, jaillissant du plus sombre et du plus profond de mes entrailles, remontant mes veines et mes nerfs, bousculant mes muscles,  pendant qu'un sourire que je ne peux retenir vient sur mes lèvres, j'entends de nouveau le bruit sourd et formidable, qui cogne et qui vibre dans mon corps, de mon cœur qui bat !...

 

Par Zach - Publié dans : année 2007 - Communauté : Relations amoureuses
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Vendredi 1 juin 2007

Bordeaux, le 1er juin 2007 - plus tard dans la journée...


Bien sur, nous nous sommes revus avec Fred en fin d'après-midi sur cette même place du marché. J'avais attendu tout l'après-midi, tous mes sens en feu, je ne pensais qu'à ces deux évènements incroyables: j'avais osé et elle avait dit oui.

 

Je n'en revenais pas de la manière dont j'avais été sur de moi, cette simplicité, cette facilité, cette évidence, cette aisance même, à lui demander sa main, puis sa bouche. Je ne me reconnaissais pas dans cette nouvelle attitude alors que je me représentais plutôt comme timide, réservé, mal à l'aise avec les femmes, ce qui m'avait fait construire une personnalité un peu froide, souvent cynique, voire mordante quand je conversais entre amis.

De quel endroit secret de mon esprit avais-je sorti autant d'assurance, d'esprit de décision ? Je m'étais trouvé presque séducteur, même si je pensais que j'étais plutôt stupide de penser ça, je n'étais pas un dragueur ni un séducteur, voyons ! Je n'en avais pas le profil ! Je n'étais ni beau, ni drôle, et surtout pas assez sur de moi !

 

J'épiais autour de moi mes collègues : allaient-ils voir mon changement ? Allaient-ils rentrer dans mon bureau et me dire : "toi, tu viens d'avoir une aventure, ça se voit comme le nez au milieu de la figure !" ? J'étais persuadé que tous savaient ce que je venais de faire, mais mon corps et mon esprit étaient tellement remplis de joie de vivre que je m'en moquais.

 

Je ne pouvais qu'essayer de réfléchir à ces deux dernières heures ; j'avais en quelques instants pénétré dans un nouveau monde, j'avais franchi une mystérieuse frontière, je ne comprenais pas très bien ce que je voyais et ressentais à l'orée de ce nouveau paysage. Une femme belle, mystérieuse et envoutante, une aventure que je devinais riche, totale, engagée, et surtout, surtout, une toute petite musique dans ma tête, presque inaudible mais insistante, qui semblait réveiller en moi quelque chose. Quoi ? Réveiller quoi ? Je dois penser à quoi ? Je pensais presque à voix haute et le son de ma voix me fit comme un déclic et je sortais de ma méditation ; étrange que cette question ait tourné aussi fort dans ma tête… puis mes pensées rebondirent sur Fred

Belle comme, comme… comme… comme quoi, d'ailleurs ? Comme une guerrière ! Une guerrière ? Ce terme avait surgi de mon inconscient et s'était imposé en moi. J'ai fait le tour du monde, j'y ai laissé des plumes mais je me vengerais... Quelle drôle de pensée… guerrière… la guerre… la guerre, ça n'avait rien de sensuel pour moi, pourtant. Je m'étais engagé plus jeune dans les troupes parachutistes au cours des années 80 et même si j'en gardais des souvenirs intenses et une grande fierté, il n'y avait rien de sensuel là-dedans…

 

A ce moment, l'envie de la gouter et de sentir les mouvements de son corps était plus forte que tout.

Lors de nos premiers baisers près de sa voiture avant de se quitter, elle avait collé son bas-ventre contre le mien, ses hanches se calant de droite et de gauche en avançant ; puis, à un moment, elle avait légèrement mordu le bout de ma langue qui s'insérait entre ses dents. Elle avait ri de ma légère grimace. J'avais trouvé son attitude animale, presque sauvage ; Fred était entièrement tournée vers son désir, instinctive, alors que moi, pauvre terrien pataud, je ne pouvais m'empêcher, pendant que je l'embrassais et la serrais, de réfléchir à ma façon de me tenir, de vérifier si je pouvais mieux l'embrasser, si je pouvais placer ma main ici ou là, si ce que je faisais était bien ou non...


Je me suis échappé le plus tôt possible de mon travail. Nous avions convenu de nous retrouver au même endroit avant de devoir nous séparer pour un long week-end.

Nous avons trouvé un banc à l'arrière de la place du marché et nous sommes assis. amoureux-sur-un-banc Nous nous sommes embrassés et caressés longtemps comme des écoliers. Fred avait passé une jambe sur moi et je sentais sa cuisse contre la mienne pendant que ma main rentrait dans sa chemise blanche pour trouver ses seins. Nous avions conscience que notre attitude ne ressemblait pas à celle d'adultes responsables mais tant pis, le désir était trop fort. Parfois, des passants nous regardaient plus que nécessaire comme pour nous désapprouver mais passé le 1er moment de surprise, je voyais dans leurs regards et sur leurs visages comme une certaine complicité. Ils reconnaissaient dans notre couple récent comme un rappel à la liberté et au bonheur qu'ils pouvaient eux-mêmes avoir...

 

Une heure est ainsi passée. Nous avons un peu parlé, nous avons beaucoup flirté. Nous nous sommes donné rendez-vous au téléphone dès le lundi à la 1ere heure puisque nous étions pour le week-end avec nos familles. Nous avions dans le regard la même étincelle, la même promesse, le même étonnement de cette incroyable journée. Fred est partie en voiture la première, elle me lançait par la fenêtre mille baisers que je lui rendais. Je la regardai partir au loin, encore étourdi de son parfum et de son odeur.


Je suis rentré chez moi un peu plus tard que d'habitude. J'ai évidemment menti en disant que j'étais resté plus longtemps à mon travail.

 

Et insidieusement, lentement, pas à pas, comme un murmure à mon oreille, un sentiment étrange s'est installé en moi, comme un nœud au undefined ventre et une boule dans la gorge. Ce n'était pas de la culpabilité, ce n'était pas de la honte ; c'était juste l'intuition terrible que le bonheur aurait un prix, quelque soit l'avenir que je lui donnerais.


Puis, comme tous les soirs, j'ai joué avec mon enfant, je lui ai raconté une histoire de Geronimo Stilton, la petite souris reporter au pays de Sourisia, je lui ai ensuite fait des papouilles et un bisou bonne-nuit, j'ai envoyé comme tous les soirs un baiser tendre à l'étoile la plus haute dans le ciel, j'ai parlé de choses diverses à ma femme et je me suis couché.


Ainsi va ma vie, je la contrôle un peu, elle me domine souvent et je dois ensuite assumer les conséquences de mes choix.

Par Wintergarden - Publié dans : année 2007 - Communauté : Relations amoureuses
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Lundi 4 juin 2007

Bordeaux, 1ere quinzaine de juin 2007


Après notre vendredi de retrouvailles, ma vie, comme celle de Fred, n'a pas été bouleversée, elle s'est arrêtée net pour laisser la place à une autre. Je ne faisais que penser à elle, à nous, à ce que nous allions faire, à ce que nous voulions vivre. Je ressentais aussi une étrange et déroutante impression de déjà-vu, comme si ma rencontre avec Fred avait ouvert une porte dans mon inconscient et que bientôt, je me souviendrais de quelque chose d’important.

 

Je garde de ces quinze premiers jours cette merveilleuse sensation de légèreté et de joie. C'était le printemps, une fille me regardait avec amour et envie, son rire franc résonnait à mes oreilles, son corps bougeait avec sensualité sous mes mains et sa bouche me montrait avec anticipation toute l'ardeur qui était en elle. Je découvrais même que les rides au coin de ses yeux et son incroyable bavardage lui donnaient encore plus de charme.


C'est d'abord la joie de vivre qui m'est revenue. Après tous les drames récents de ma vie qui m'avaient laissé comme une coquille vide, j'avais l'impression d'avoir été réanimé ; je retrouvais des sensations, un goût à la vie. J'avais de nouveau envie de faire des actes simples : m'acheter un vêtement, m'occuper de moi, parler plus aux autres de tout et de rien, écouter d'autres musiques...

Tout ce qui semblait futile au commun des mortels avait pour moi le goût de la découverte et de la liberté.

Je me mis aussi à faire un véritable check-up de ma santé : je pris des rendez-vous chez mon dentiste pour finaliser des travaux dentaires laissés en plan non par manque d'argent mais de motivation ; je fis un scanner pour enfin connaitre l'origine de mes maux de dos ; je passais divers examens pour connaitre l'origine de rares mais douloureux problèmes digestifs. Cette boulimie de soins digne d'un hypocondriaque me rassura : du haut de mes 43 ans, la machine fonctionnait encore à plein régime. Je pouvais faire face sans peur aux 33 ans de Fred car je pressentais déjà chez elle une vigueur animale pour les plaisirs amoureux, même si une certaine inquiétude me taraudait un peu au vu de mon inexpérience totale en matière d'aventures extraconjugales. Et je n'osais même pas penser aux indispensables préservatifs qu'il faudrait prévoir et qui allaient certainement mettre à mal ma virilité !


VTT Un autre élément personnel fut aussi très positif : deux mois avant ma rencontre avec Fred, je m'étais remis au VTT et avais changé mon programme de musculation (juste pour l'entretien physique, je 
n'avais pas la vantardise de croire que j'allais gagner 10 kilos de muscle à mon âge !) pour m'orienter vers le cardio-training avec comme objectif assumé de retrouver une forme et des formes physiques acceptables. J’étais donc maintenant doublement motivé : je le faisais pour moi et je devais aussi être à la hauteur pour Fred !

Mon passé sportif et ma motivation joua pour moi : en deux mois, je perdis 8 kilos de bonne graisse et les efforts précédents de la musculation commencèrent à se voir à travers des muscles mieux dessinés et une silhouette amincie... Quand on estime que l'enjeu est de taille, que l'on pense que la femme qui est avec vous est une véritable bombe, on fait vraiment attention à ne pas se laisser aller ! Mais cet acharnement au sport était aussi bien évidemment un exutoire pour compenser mon stress, avant de rencontrer Fred.


Quand à mon travail, mes collaborateurs remarquèrent d'abord que j'arrivais maintenant avec le MP3 vissé dans les oreilles, un bel optimisme matinal et un sourire plus franc. Ils mirent sans doute cela sur le compte du printemps qui arrivait et de mon regain d'activité physique. Je dus quand même prendre des ruses de sioux pour téléphoner et voir régulièrement Fred sans les mettre en alerte.

Pour les repas de midi, c'était plus simple : Fred, avant de me rencontrer, avait déjà prévu des 1/2 journées de congés à solder et pouvait donc passer me voir un jour sur deux. Nous avons d'abord mangé deux ou trois fois dans sa voiture : c’était plutôt torride mais peu confortable. Nous cherchions un coin tranquille et sortions nos sandwiches que nous avalions à toute vitesse et l'on gardait ensuite le plus de temps possible pour nos étreintes...  undefined C'étaient des moments merveilleux où nous étions comme des enfants. Elle m'invitait dans sa voiture comme dans une maison : les sièges avant étaient le salon, nous pouvions y manger et discuter et la banquette arrière servait de chambre : nous avions plus de place pour coller nos deux corps l'un à l'autre vite trempés de sueur. Il n’était pas envisageable pour l’instant d’avoir une véritable relation sexuelle, les conditions ne s’y prêtaient pas alors nous poussions le flirt au plus loin de nos envies

Je me souviens de petites routes bordées d’arbres sinuant entre de vieilles maisons, de places de parking le long d’allées désertes, du temps que nous mettions à chercher un bon emplacement, de nos ébats trop souvent interrompus…


  - comment pourrait-on faire ? Demandais-je à notre troisième rencontre motorisée.

  - faire quoi ?

Au regard de Fred, je me rendis compte qu'elle comprenait parfaitement où je voulais en venir.
  - tu en as envie ?

  - j'en meurs d'envie. ! me répondit-elle dans un souffle. Mais on fait le test d'abord !

  - d'accord.


Le lendemain, je trouvais donc sur Internet l'adresse d'un laboratoire qui effectuait des prises de sang sans rendez-vous. Le simple fait de téléphoner pour demander s'ils pouvaient me recevoir pour un test HIV me paniqua : et si quelqu'un me reconnaissait là-bas ? On allait me poser des questions ?
Pouvait-on rester anonyme ? Comment recevoir les résultats ?

C'est le samedi matin suivant, juste après un rendez-vous chez mon dentiste (et donc undefined avec une excuse de planning cohérente pour ma femme), que je fis ma prise de sang.

Ce fut un moment éprouvant : j'avais l'impression qu'une connaissance allait surgir de chaque porte pour me demander ce que je faisais là et je me sentais incroyablement fautif.
 
Je trouvais que la réceptionniste, une jeune fille sympa, voyait écrit sur mon front : "adultère en cours !" et qu'elle me jugeait pitoyable. J'eus tout la peine du monde à contenir un chevrotement à ma voix pour lui signifier le motif de ma visite. Quand elle me demanda où elle pouvait envoyer les résultats, j'atteins le fond de la honte en lui disant que je viendrais les chercher. Pour le paiement, je faillis même payer avec un chèque du compte commun et je réussis à trouver in extremis quelques billets que je lui tendis sans même savoir si elle disposait d'une caisse (évidemment que oui mais sur le coup, je n'étais plus sur de grand-chose !).

 

Quelques jours après, je récupérais mon résultat, évidemment négatif.

A notre repas suivant, Fred me montra le sien. Il ne restait plus qu'à trouver où et quand...

Nous avons d’bord pensé aux amis, aux hôtels, à la voiture, aux parkings public souterrains. Rien ne nous semblait réellement faisable et réaliste, c'était à se demander comment faisaient les couples adultères pour satisfaire leurs envies.

Notre seule consolation était que de toute façon, nous avions un séminaire commun sur Toulouse début juillet, cela ne faisait que trois semaines à attendre. Malgré la promesse de cette semaine où nous pourrions enfin être ensemble, l'attente nous semblait un obstacle insurmontable. Fred me disait qu’il suffisait d’être patient mais j’étais incapable d’y arriver.

-          tu en as envie ? demandais-je à Fred au cours de ce même repas.

-          à ton avis ? bien sur que j'en ai envie ! mais je ne me vois pas le faire dans la voiture avec le risque d'être vu par n'importe qui... et de toute façon, je voudrais que ce soit plutôt dans de bonnes conditions…

-          tu as raison...

-          pour l'hôtel, vu les prix et le peu de temps dont on dispose, c'est quand même un rude de dépenser 50 euros pour deux heures maxi.

-          tu as encore raison, Fred...

-          Ca ne devrait pourtant pas être aussi compliqué de trouver un coin tranquille...

-          Un coin tranquille... A cette phrase, un schéma commença à se mettre en place dans ma tête.

-          J'ai trouvé ! répondis-je à Fred.

Par Wintergarden - Publié dans : année 2007 - Communauté : Relations amoureuses
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Vendredi 8 juin 2007

Bordeaux, 8 juin 2007


 
Midi arrive enfin ! Je suis déjà prêt depuis 10 bonnes minutes : mon bureau est impeccablement rangé, mes derniers dossiers ont été traités avec zèle et célérité dans la matinée, j’ai ressassé une check-list dans ma tête pour ne rien oublier et je me force maintenant à respirer calmement pour calmer les battements de mon cœur.

 

 Je sors de mon travail presque en courant. En montant en voiture, je repense à ma folle semaine : la prise de sang, l’attente du résultat, la décision avec Fred de faire l’amour, le lieu à trouver…

J’ai repassé mille fois dans ma tête cette journée : je n’ai pas un seul instant l’impression de tromper ma femme, c’est peut-être le sentiment grisant de l’interdit ou le simple désir sexuel qui m’enlève tout remord ou culpabilité. En m’interrogeant ces derniers jours sur ce sentiment, j’ai été étonné de découvrir que ma vie semblait souvent dirigée par cette notion de culpabilité.

En pensant par exemple à mes relations sexuelles avec ma femme, il y avait depuis bien longtemps que je n’attendais rien de spécial, c’était devenu extrêmement routinier et rare. Elle ne demande jamais, elle s’exprime encore moins, elle est absolument passive. Du coup, je demande de moins en moins souvent pour ne pas la gêner ; je ne fais, ou plutôt je ne subis, que le strict minimum pour ne pas la mettre en difficulté ; j’essaie de ne pas être trop actif pour ne pas qu’elle se sente « objet sexuel ».

 

  Au final, j’ai un décalage complet entre ce que j’ai en tète et ce que je fais : je Ne pense qu’à  des relations sexuelles un peu folles, ponctuées d’éclat de rire, de douces bagarres, d’échanges et je n’ai que son silence dans le noir, ses yeux fermés et ses traits serrés comme une grimace de douleur, sa passivité à ne jamais parler et ne jamais bouger sans que je le propose…

 

  Pour Fred, j’ai une vision toute différente, j’ai juste envie que tout se passe bien, d'être heureux, de cueillir les promesses de sensualité et de sexualité qui se dégagent d’elle.

Cette envie d'être heureux, d'être vivant, d'avoir une relation sexuelle heureuse, vivante…

Heureux… vivant…

Je pense souvent spontanément à ces deux mots pour qualifier ce qui m'arrive. Je suis surpris de leur force dans mon esprit, ils me semblent le socle indispensable à tout ce qui va suivre.

Ce n'est donc pas pour moi une simple aventure que je souhaite vivre, mais une découverte, un chemin qui doit mener quelque part et pour me guider je n’ai pour l'instant que ces deux mots : heureux, vivant…

 

  Il y a au nord ouest de Bordeaux une campagne joliment boisée avec quelques sentiers pédestres : les sportifs s'y retrouvent pour leurs footings et autres VTT, les familles pour des pique-niques ou pour la ballade. C'est donc ça, le lieu : un petit coin de campagne isolé des sentiers qui devrait nous servir de terrain de jeu sexuel. Fred a d'abord ri de mon idée mais je lui ai rappelé que je connaissais bien la tranquillité de ce secteur pour le pratiquer en footing ou VTT, que de toute façon nous n'avions pas d'autre possibilité et qu'au final, nous pouvions quand même faire un déjeuner agréable si l'endroit ne se révélait pas assez discret. Je revois encore son regard qui commence à pétiller, sa fameuse mimique de sourire en coin et son petit hochement de tête...

undefined
  La voiture de Fred est déjà sur la petite aire de parking. Je me gare à coté d’elle. Elle a déjà en main un sac à provisions et une grande nappe :

  - Que l'on mange ou qu'on fasse autre chose, au moins, on restera propres ! dit-elle en souriant.

Je la trouve superbe, son regard taquin, son sourire insolent, son corps qui bouge sensuellement… J’ai peine à croire que cette femme à envie de faire l’amour avec moi.

 

  Nous empruntons un petit chemin sur une centaine de mètres puis nous le quittons pour nous enfoncer dans les sous-bois plus haut : nous nous retrouvons peu après dans une petite clairière surélevée de quelques mètres carrés, assez éloignée du sentier pour être tranquille. Fred dispose la nappe imprimée de motifs et de petits éléphants bleutés. Nous commençons à sortir le repas et parlons peu. Nous nous regardons et en une seconde, nous nous embrassons et nous sombrons dans le désir. Les baisers deviennent intenses, les mains commencent d'abord à caresser les corps puis, rapidement, enlèvent les vêtements. J'enlève son pantalon, puis son sous-vêtement. Je gigote pour enlever les miens. Ca y est, je suis entre ses jambes, nous nous regardons déjà un peu essoufflés, puis nous nous embrassons de nouveau. Alors que je m'avance pour entrer en elle, sa main prend mon sexe pour mieux le diriger; Ce contact m'excite encore un peu plus.

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  Au moment où nos sexes se rencontrent, un grand souffle sort de ma poitrine, ; c'est un soupir de soulagement, de savoir que la "machine" fonctionne mais surtout d'être enfin parvenu au bout d'une histoire incroyable et d'en commencer à cet instant une nouvelle, plus mystérieuse encore, encore plus intense, encore plus incroyable.


  Rapidement, pourtant, la réalité vient se rappeler à nous de plus en plus fort : je commence à avoir les genoux en compote, je glisse petit à petit sur le sol légèrement en pente et Fred a déjà eu deux grimaces de douleur quand des cailloux ont commencé à lui labourer dans le dos ! Elle me dit de changer de position en me mettant sur le dos, je m’exécute mais au lieu de s'installer sur moi, son visage commence à descendre sur mon sexe pour le prendre dans sa bouche. Passées les premières secondes de plaisir, je sens remonter en moi d'autres sentiments moins nobles : j'ai soudain envie de posséder cette bouche, de la forcer à me garder, de la pénétrer plus encore, de sentir sa résistance, de sentir son humiliation, de sentir que je la domine. J’ai déjà pris ses cheveux dans ma main et je commence à serrer...

 

...Et dans ma tête explosent avec violence de lointaines images de mon passé...Mes pupilles se dilatent tandis que je regarde la bouche de Fred prendre mon sexe et je me souviens, je me souviens...

Par Zach - Publié dans : année 2007
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Vendredi 8 juin 2007

1981 – sud de la France

 

  Je tâte ma pommette gauche de la main : rien de cassé.

 

  Je me regarde dans la glace de la salle de bains : un petit bleu commence à apparaître mais j’ai évité le coquard… ca fait chier mais ça va… Mon propre regard m’accroche dans la glace, je m’y plonge…

 

  Enfin une perm après plus de 3 mois de boulot ! Le rythme était vraiment crevant cette fois : manœuvres et des entrainements comme s’il en pleuvait et pour finir stage d’entrainement commando au centre de Montlouis. J’en suis sorti complètement naze.

J’ai donc pris le train avec un double sentiment : le plaisir de revoir ma famille, mes potes et mes frérots pendant une semaine ; la rage froide d’en avoir tant bavé, accentué par le conditionnement militaire.

 

  C’était dingue comme j'avais changé depuis que je m'étais engagé : j’étais un gosse pataud, timide, ignorant et j'étais devenu sur de moi, dur, froid, distant, observateur, opportuniste. Et pourtant, sans comprendre pourquoi, un feu de rage et de colère brulait dans mes tripes et me torturait sans cesse. Je le sentais grandir comme la folie peut ronger une âme, comme un cancer dévore les chairs, les nerfs et les os. Je ne savais pourquoi, je le sentais seulement se nourrir de sentiments inconnus,  profonds, fertiles, puissants.

 

  Pour partir en perm', certains préféraient se mettre en civil, moi, je faisais partie de ceux qui assument et provoquent : j'étais toujours en tenue de sortie. Pantalon et chemise beige clair, cravate marron, brevet parachutiste et commando, galon, fourragère à l’épaule, losange de mon numéro de régiment sur une manche, sigle de la 11eme DP sur l’autre et surtout mon béret rouge des troupes parachutistes sur la tête.

 

frerots   J'avais fait le soir même une beuverie chez les frérots, on s'était rencontrés à une préparation militaire parachutiste : une sorte de stage avant l’armée. Depuis, on se quittait plus. Coup de bol, tout le monde avait eu la perm au même moment, on allait relâcher la pression.

Le lendemain soir, c'était samedi : sortie en boite de rigueur. Avec mon crane rasé et cette façon toute militaire d’agir, j'étais reconnaissable à 100 mètres. J’attirais les antimilitaristes et certaines filles comme un aimant.

  Les filles, j'avais vite appris à reconnaître celles qui m'attiraient : elles n'étaient pas innocentes, elles savaient ce qu'elles cherchaient, elles n'avaient pas peur. Mais moi, je cherchais quelque chose qu'elles ne savaient pas, j'avais un don pour ça, je cherchais ce sentiment d'orgueil mal placé qui entraine si souvent les humains à ne pas savoir s'arrêter. C'est ça, ce que je cherchais, la fille qui serait trop orgueilleuse, trop fière pour dire stop par peur de passer pour une conne. C'était ce "trop" que je voulais.

 

  Celle-là m'a plu dès que je l'ai vu : trop aguicheuse, trop sure d'elle, trop de décolleté et de mini-jupe : ces petits "trop" qui basculent la belle fille sensuelle en pouffiasse.

  Je la veux, je l'aborde, j'écarte gentiment son copain, je la regarde droit dans les yeux, je lui parle, elle me répond, petit à petit je réussis à l'emmener au bar, puis retour sur la piste de danse. Mon regard se fait alternativement doux et rieur puis froid et carnivore, ça lui plait, je charme d'un coté et je domine de l'autre, bon mélange pour ce genre de filles.

 

  Je lui propose de partir, elle est d'accord. On récupère nos affaires aux vestiaires, on se dirige vers sa voiture. Sur le parking, son copain nous rejoint, accompagné de deux mecs. Les frérots sont dans la boite mais je sais qu'ils ont vu le type me suivre, je suis sur que l'un d'eux est en train d'observer la scène par securité même si je ne le vois pas. Le type de la fille lui parle, lui demande de ne pas sortir avec ce con de bidasse, la fille ne sait comment se débarrasser de lui, elle a vu dans mon regard la promesse d'une nuit intense et la veut.

  Je dis à son ami de laisser tomber, de jouer ailleurs. Il est vexé. C'est bien, encore une petite provoc' et il démarrera : je le tape légèrement de la paume de ma main sur sa poitrine, surpris, il trébuche et manque de tomber en arrière, il sait qu'il est ridicule, il n'a pas d'autre solution et me lance son poing dans la gueule. C'est un petit civil, il n'a pas l'habitude et son geste est trop court, alors je recule et tourne juste un peu le visage, son poing me touche la pommette mais sans violence. La seconde d'après,  il se jette sur moi. coup de poing

  Ils font tous pareil ! Ma main se place sur son cou à la base de la mâchoire et le serre entre le pouce et l'index, l'autre main tire son bras, je pivote un peu, il est déséquilibré, il tombe. Je pose mon genoux sur sa poitrine et je lui dis : "laisse tomber, maintenant, d'accord ?" Sans souffle avec la violence de la chute, sans pouvoir respirer avec ma main qui broie son cou, il étouffe, il me regarde, éperdu, il cherche de l'air, il gigote un peu mais il finit par secouer la tête pour dire oui. Je le relâche, il se relève. Pour ne pas le relancer, je monte vite en voiture avec la fille et on se casse. Quel con !

 

  Sur le chemin je regarde la fille, je la regarde comme une proie, je fais un scénario de la soirée, j'évalue son point de rupture…

 

  On commence à baiser, elle est comme je le pense, elle baise pour me prouver qu'elle vaut le coup, alors je baise. Puis, comme d'habitude, je deviens beaucoup plus directif, je l'immobilise de plus en plus, ma main se plaque sur sa poitrine, sur son dos, autour de son cou, se noue dans ses cheveux,  je décide de ce que l'on fait, elle a du mal à suivre mais est trop fière pour dire stop.

Je sens que parfois elle voudrait arrêter, respirer, mais à chaque fois, je veux quelque chose d'autre.

 

  A un moment, je sens qu'elle bascule et que sa résistance faiblit. Je sais qu'elle se dit que de toute façon, ça ne sert à rien de lutter. A ce moment, je sors d'elle, je remonte et me met à califourchon sur sa poitrine, mes jambes bloquent ses bras, je tire ses cheveux pour que sa bouche rejoigne mon sexe et je rentre. Elle veut bouger mais ma main tire plus fort ses cheveux, c'est moi qui bouge dans sa bouche, plus fort, plus loin, plus longtemps.

  Elle finit après quelques instants à avoir un sursaut et veut arrêter, je sors de sa bouche et commence à la gifler, puis je l'embrasse, je joue l'étonné, je pensais qu'elle était capable de faire ça… et son orgueil reprend le dessus, elle me dit que je n'ai qu'à continuer pour voir… je souris, c'est ce que je veux, elle est perdue… Alors je la sort du lit par les cheveux, je lui dis de se mettre à genoux, les mains dans le dos. A chaque fois qu'elle sort mon sexe de sa bouche, je la gifle, je la gifle sans raison, je ne lui laisse aucun répit, je lui dis que j'adore être dans sa bouche, je la complimente, je la gifle, je prends sa bouche, je ressors, je la regifle, je la couche sur le lit, la tête renversée et je reviens dans sa bouche, elle vomit un peu, je continue.

 

  Alors, une dernière fois, je la fait se mettre à genoux, elle met elle-même les mains dans le dos, elle ne résiste plus, j'ai réussi, j'ai réussi à la faire taire, à lui dire que c'est moi qui décide, pas elle, ce sentiment résonne en moi comme une victoire, une vengeance, alors, je rentre de plus en plus vite dans sa bouche et je jouis.

 

  J'ai raison, tu as tort. J'ai gagné, tu as perdu. J'ai parlé, tu te tais. Je commande, tu obéis.

 

  Malgré ma jouissance, je vais continuer avec elle une partie de la nuit, avec mon sexe, mes mains, ma langue. Je ne m'arrête qu'au bord de l'épuisement.

 

Je la regarde me sourire avec la peur dans ses yeux, je caresse ses cheveux. Qu'est-ce que je voulais ? Être violent ? Non, j'étais beaucoup plus excité quand j'arrivais à la convaincre avec des mots plutôt qu'avec des coups. La soumettre ? Un peu, mais la victoire est trop facile.

 

  Non, je crois que je cherchais son renoncement, qu'elle abandonne la lutte pour que je reste maitre du terrain.

 

  Qu'elle ne parle plus et que je sois le seul à parler.

 

  Qu'elle m'accorde sa confiance ?

 

  Qu'elle

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Par Wintergarden - Publié dans : passé pas simple
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Vendredi 8 juin 2007


... Entre le plaisir d'être dans sa bouche et cette violence de souvenirs qui montent en moi, je reprend quand même le dessus et lui dit que je préfère mon sexe dans le sien, que je sens ainsi mieux les mouvements de son corps. Fred semble un peu surprise mais revient sur moi. En quelques minutes, je jouis et je suis rassuré d'y être arrivé, heureux que ce soit avec cette incroyable femme, heureux de me sentir aussi libre...

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  Fred reste un peu sur moi et je sens le souffle court de sa respiration dans mon cou. Elle se couche ensuite sur le coté et se rhabille, me regarde, me dit qu'elle a adoré l'intensité de cet acte. Je vois une petite moue sur son visage, ses yeux qui me cherchent :

 

  - Tu ne préfèrais pas que je te garde un peu dans ma bouche ?

 
  - J'ai adoré ça, mais pour moi, tu sais, c'est plutôt un acte de domination sur la femme et je n'ai pas envie de t'imposer ça....


Fred m'observe quelques secondes et me répond :
 

  - Comment ça ? Aïe, je vais devoir expliquer que plus jeune, surtout lors de ma période de mon engagement dans les troupes parachutistes, j'avais une sexualité plutôt dure avec les femmes et la fellation représentait pour moi le summum de la soumission ; qu'une fille qui me la refuse et elle pouvait se prendre quelques claques.
  J'essaie de m'expliquer mais rapidement, les mots se bloquent un peu car j'ai peur de sa réaction. Elle me pose parfois quelques questions pour me relancer et j'arrive quand même à lui décrire les sentiments contraires qui m'animent.

 
  - Quand je t'ai pris dans ma bouche, dit-elle, j'ai vu que tu changeais de comportement. Ton regard est devenu plus dur, ton visage s'est un peu figé, tu as pris mes cheveux dans tes mains pour mieux immobiliser ma tête.


  Je suis surpris ! je ne m'étais même pas rendu compte de ce changement d'attitude. J'ai très peur d'effrayer Fred, elle me regarde avec attention, ses sourcils un peu fronçés.

  - Tu le fais pourtant avec ta femme ?
  
- N
on, j'ai vite abandonné ça car j'avais peur de ne pas me controler aussi, de redevenir violent. Je préférais avec une sexualité plus calme mais sans risque pour moi et pour elle.
  Je prend une petite mine coupable en disant cela. Elle me regarde encore en silence quelques secondes puis esquisse un sourire en coin.

  - Je te le dis, Bruno, la prochaine fois, je te reprend dans ma bouche. mais dis-toi bien que je vais le faire parce que c'est moi qui le veux aussi, parce que c'est moi qui te contrôle en réalité quand je fais ça, parce que j'aime sentir ton sexe qui réagit à mes caresses. Et tu verras que petit à petit, je vais te débarasser de tous ces vieux fantasmes et qu'on va pouvoir vraiment se faire plaisir quand on fera l'amour...

… son sourire s'accentue…
  - ... Et si de temps en temps, tu as de mauvais réactions, compte sur moi pour te mordre jusqu'au sang s'il le faut ! et je te garantis que tu vas le vivre comme ça, parce que j'en ai envie autant que toi !


  En disant cela, elle revient sur moi, descent jusqu'à mon sexe et le reprend. Et cette fois, même si l'envie de la dominer revient en moi, Elle est moins puissante et je découvre avec une incroyable surprise qu'effictivement je ne contôle rien, que je m'abandonne à cette femme, que je suis complètement à sa merci, que je suis en confiance avec elle... et qu'elle a effectivement le contrôle.

Ces nouveaux sentiments me procurent un sourire et j'ai presque les larmes aux yeux de me sentir aussi libre.
  
  Et je remarque d'un coup, pendant que Fred est accroupie pour mieux prendre mon sexe dans sa bouche que je me suis mis à moitié debout, sur les genoux, dans cette même position que j'exigais des filles pour que je les prenne dans leur bouche
. J'ai l'impression de comprendre au moins une terrible erreur de mon passé : je cherchais la confiance du partenaire par la force alors que c'etait juste à moi, à donner ma confiance par plaisir. Et pour un même acte sexuel, plus rien n'est pareil, je m'abandonne car j'ai confiance en Fred, dans la fellation qu'elle accomplit parce qu'elle en a envie et non pas par obligation. Pour la 1ere fois de ma vie, je m'abandonne au plaisir, je ne cherche pas à le controler...

  Je la fais quand même rapidement remonter sur moi car l'envie de sentir son corps vibrer tout entier m'exite encore plus. Nous nous retournons pour que je revienne sur elle. Nous ne nous quittons plus des yeux. Je me sens venir. Elle remonte encore plus ses jambes, les noue autour de ma taille et je jouis dans un immense bonheur, largement plus fort qu'un orgasme, comme un immense amour que je donne à la vie ; et je jouis aussi de ce sentiment si rare d'être heureux, tout simplement.


.../...

undefined   Tout le mois de juin passa ainsi : soit nous nous retrouvions pour déjeuner, soi en prenant plus de temps, nous allions à notre clairière. Fred me faisait découvrir toujours plus sa vision d'une sexualité
décomplexée, partagée, saine... elle n'y mettait aucun tabou ni pudeur : elle pouvait me prendre dans sa bouche en n'hésitant pas à me mordre quand je m'énervais trop ou se caresser devant moi pour m'exciter. De mon coté, je découvrai, avec bien plus d'angoisse et d'envie mélangées, que je pouvais aussi lui faire plaisir par le même type d'approches.


  Et pendant cet infini mois de juin, je voyais son beau sourire de contentement et son regard rieur qui s'enfoncait dans mon coeur.

  Elle avait fait voler en éclats la chape de plomb qui pese si souvent sur la sexualité des femmes, il n'y avait de place que pour l'échange de plaisirs, pour la confiance et le partage.
 
  Je découvrai que je l'aimais.

 

Par Wintergarden - Publié dans : année 2007 - Communauté : Relations amoureuses
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Jeudi 14 juin 2007

Bordeaux, le 14 juin 2007


undefined   Fred et moi sommes attablés au restaurant. C'est un endroit qui ressemble encore à un petit village en banlieue de Bordeaux : une petite place ensoleillée, une petite église, deux restaurants et un bar PMU, quelques vieilles maisons aux murs clairs et aux volets vert comme le dessous d'ne feuille d'olivier.
  L'air est chaud et gorgé d'odeurs printanières, le soleil pose sur nos corps une douce et prenante caresse.


  Nous avons choisi le restaurant le plus simple et nous somme installés en salle, à la limite de la terrasse. Elle est un peu séparée de la place par des barrières de lambris marron foncé, nous sommes ainsi protégés des regards indiscrets.


  Nous venons de passer la matinée sur une réunion de travail avec de nombreux partenaires. C'est peut-être la première fois où je me suis senti réellement à l'aise professionnellement. D'habitude, je suis plus sec et renfermé, plus tendu, toujours inquiet de savoir d'où va venir le coup qui va me mettre en défaut et mal à l'aise.

  Ce n'est pas encore conscient chez moi mais je commence à prendre un léger recul sur les évènements de la vie, j'accepte un peu d'être imparfait, d'avoir des failles et de faire des erreurs. Oh, bien sur, c'est encore à dose homéopathique mais l'idée est là, elle germe, elle grandit, c'est une minuscule pousse qui cherche la lumière dans le terreau de ma culpabilité. Elle est là !


  Après l'excitation professionnelle, nous savourons ce premier moment de calme. Nous mangeons tout en devisant. Nos mains se touchent et nos regards se cherchent.

  Je ne peux m'empêcher de la dévorer des yeux, de me lever pour l'embrasser, de caresser le plus doucement possible ses mains, ses bras, ses cuisses, d'observer chaque partie de son visage, ses oreilles, son cou, son regard pétillant, ses cheveux blonds...

  Je sens bien que je suis amoureux de cette fille, de son rire, de son optimisme, de son plaisir de la vie... J'ose à peine croire à ma chance, à ce destin, à ce bonheur de se sentir aimé. Je sens que je dois avoir des réponses de Fred concernant notre relation, je dois en tout cas lui dire ce que je ressens. Ces derniers jours, nous avions visiblement sur le bout des lèvres certains mots, certaines phrases importantes.


  Nous sommes en fin de repas. Il me vient encore une fois une envie irrépressible de prendre la main de Fred. Je la regarde, je sens monter en moi une vague d'émotions qui me pousse à parler :


  - Il y a quelque chose que nous ne nous sommes pas encore dit, lui dis-je.

  - Et c'est quoi ? me répond-elle.

  Nous nous regardons, une légère excitation émane de Fred, elle ressent que cet instant est important pour nous, que mes prochaines phrases vont encore basculer notre relation sur un nouveau plan ; ma gorge est sèche, je prends quelques secondes avant de continuer et je puise un peu de force dans son regard :

  - Je pense que tu as comme moi voulu le dire plusieurs fois… et que nous nous sommes retenus… Tu vois de quoi je veux parler ?

undefined   Elle me fixe quelques secondes puis j'ai encore une fois cette merveilleuse expression sur son visage quand elle baisse un peu la tête en me regardant et qu'elle sourit du coin de la bouche.

  - Ca fait quelques temps que je pense à te le dire mais comme je suis un peu timide j'avais besoin de prendre mon courage à deux mains. Je trouve que nous sommes très bien ensemble, tu apportes du bonheur dans ma vie… je me sens tellement vivant avec toi ...

  Je cherche encore un peu de courage en moi et lui dit :

 

  - ... Et surtout, Fred, je voudrais te dire que je t'aime.


  Les joues de Fred semblent rougir légèrement, son regard s'allume un peu plus, elle continue de me regarder :

 

  - Moi aussi, Zach, je t'aime. Moi aussi...

 

  Voila, il y a parfois quelque part,  alors que nous sommes bousculés par nos vies, ballotés par les évènements et que nous luttons encore et toujours ; des moments de grâce où le temps se ralentit puis se fige,  où les sons deviennent clairs comme du cristal et les bruits s'assourdissent, où les silences sont profonds comme des lacs, où le parfum de l'air ressemble aux étés insouciants de notre enfance, où la personne en face de vous est celle à qui l'on ouvre et donne son cœur.


  C'était un 14 juin, il faisait beau, le soleil était au zénith et j'étais tombé amoureux de la plus jolie femme au monde.

   

 

De: Fred

À: Zach

Date: mer. 20.06.07 17:34

Objet : Thinkin' of U

 

Je veux que tu saches que je pense fort à toi en ces moments difficiles et que j’aimerai être avec toi, juste pour être là pour toi.

Je t’aime et je veux que tu le saches.

Je t’embrasse…. fort

 

 

De: Zach

À: Fred

Date: mer. 20/06/2007 20:11

Objet : RE : Thinkin' of U

 

Merci d'écrire que tu m'aimes. Cela me fait un bien fou... Cela me rassure...

Je t'aime.

 

 

De: Fred

À: Zach

Date: mer. 21.06.07 17:42

 

Juste pour le plaisir de te répondre et te dire que, dés que j'ai un instant, je regarde mes mails.

Je t'aime et c'est ancré ! Ce ne sont pas des mots faciles à écrire pour moi donc si je le fais c'est que c'est profondément sincère.

 

Par Wintergarden - Publié dans : année 2007
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Vendredi 15 juin 2007
  Nous venons de faire l'amour dans notre refuge de verdure.

  Nous redescendons doucement vers la voiture.

  Encore excités par notre relation, nous nous embrassons longuement sur l'aire terreuse de stationnement. Elle aime avancer son bassin contre le mien et s'appuyer contre mon corps, quitte à me faire reculer d'un pas ou deux.

  Nous nous regardons. Nous reprenons notre souffle. Je recule d'un pas pour mieux la voir.

  C'est une des premières fois où je commence à me sentir calme après l'amour. Sans m'en apercevoir, ma nervosité s"est effacée et une certaine sérénité la remplace le plus souvent. J'ai le sentiment de retrouver de d'anciennes sensations ; comme si je trouvais en Fred un double de moi qui aurait suivi une autre voie, moins violente, plus sereine, plus joyeuse. Fred, c'est moi mais avec l'amour en plus.

  Elle me regarde longuement. Elle a cet incroyable petit sourire en coin comme si elle avait réussi une bonne blague...

Pourtant, à cet instant précis, Fred va faire basculer ma vie de façon irréversible. Plusieurs mois après, il me suffit de fermer les yeux pour me souvenir de ce moment unique et en comprendre l'importance.

Je la regarde aussi en souriant. je suis détendu.
Du coin de l'oeil, je vois la main gauche de Fred s'avancer comme au ralenti...

Vous savez, c'est comme dans les films quand il y a une action importante mais extrêmement rapide se passe : la scène passe au ralenti et on peut voir le regard du personnage principal qui s'ouvre un peu plus et se fixe, son attitude qui change imperceptiblement et la caméra zoome de plus en plus la pupille d'un oeil qui finit par occuper tout l'écran...

Fred continue son geste et pose sa paume sur mon ventre, resserre un peu les doigts sur mes abdominaux comme si elle voulait les empoigner. Elle appuie plus fortement sur mon ventre et dit en riant :

"Je vais arriver à le faire ressortir, le vrai Zach qui est là !"

A cet instant précis, alors que la main de Fred est encore collée à mon ventre, à cette seconde, quelque chose
explose dans ma tête !



  Une indescriptible impression de délivrance m’envahit immédiatement et mon cœur s’arrête de battre quelques secondes.
La phrase de Fred résonne en moi comme si elle venait de me délivrer le secret le plus important du monde.
J’ai envie de parler mais aucun son ne sort de ma bouche ; j'ai des mots, des phrases qui se mélangent, des souvenirs qui surgissent et éclatent comme des soleils dans ma tête, des émotions qui me submergent par vagues monstrueuses , tout se bouscule, se cogne en moi et m'arrache ma volonté pour me laisser paralysé sur place.

  Et la seconde suivante, plus rien, à peine une sensation de chaleur dans le corps, quelques picotements, un léger gout de cendre dans la bouche, une envie rentrée de pleurer, de pleurer de joie et de tristesse à la fois, envie de dire et de raconter, envie de tomber à genoux et de fermer les yeux pour garder encore un peu cette lumière ; et je regarde encore Fred qui ne se doute de rien et qui sourit encore de tout ce bonheur qu'elle a et qu'elle me donne.

  Par un geste et une phrase, Fred vient de faire basculer ma vie, elle vient de me réveiller. 

  Je vais mettre plusieurs semaines pour m'en rendre réellement compte et lui en parler.

  Je vais mettre aussi des semaines pour accepter et travailler sur cet évènement qui va profondément modifier ma façon de vivre.

  Je réalise que je vivais dans l'obscurité et un lumière autant fulgurante que fugace vient de m'indiquer une chemin. Je sais devoir le prendre, je sais déjà qu'il sera long et hasardeux, je sais aussi déjà qu'il sera douloureux et incroyable...

   En attendant, life goes on !...

mon psy est inquiet !

Par Zach - Publié dans : année 2007
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Jeudi 21 juin 2007
Vous voulez passer une mauvaise soirée ?
J'ai une bonne méthode !
 
Fred et moi sommes en manque. En manque de nous voir, d'être l'un à coté de l'autre, de nous prendre par la main, de nous regarder... alors, comme c'est la fête de la musique, nous nous disons que ce serait sympa juste de nous voir en ville. Bon, le problème, c'est que de mon coté, je descend en famille, Fred, par contre, sera avec une amie. Mais l'envie est trop forte de croiser juste nos regards...

Vous savez quoi ? nous avons passé la soirée à nous chercher !
J'ai même fini par énerver ma femme à vouloir bouger de concert en concert. Après deux heures, j'ai décidé de déposer les armes, je ne pourrais pas voir Fred ce soir. Jerentre la mort dans l'âme. Je passe dans une dernière rue avec ma famille, je cherche encore sans trop y croire à la terrasse des nombreux restaurants et bars.

A ce moment, mon regard est attiré par un mouvement : une silhouette se dessine sur ma droite, une chevelure blonde, un mouvement... C'est Fred, elle sort d'un restaurant, me voit, voit ma famille, stoppe net pendant une seconde, fait demi-tour et rentre dans le restaurant.
En une seconde, je comprend mon erreur, nous voir dans ces circonstances nous fait plus mal qu'autre chose, je passe davant le restaurant, je tourne la tête sur la droite, je la vois s'asseoir avec son amie, mon coeur bat à toute vitesse, j'ai un terrible sentiment de tristesse qui m'envahit, je retiens des larmes, j'accélere un peu le pas, je dis à ma femme que j'ai un mal de tête qui commence...

Fred et moi venons pour la première fois de ressentir un sentiment nous allons souvent retrouver au cours de ces prochains mois : le besoin de l'autre. Avant, nous avions terriblement envie de nous voir, maintenant, c'est devenu un besoin, aussi important que celui de respirer...

J'ai ensuite passé ma soirée à dissimuler ma tristesse, Fred à passé la sienne à l'oublier....
Par Zach - Publié dans : année 2007 - Communauté : Relations amoureuses
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Vendredi 6 juillet 2007
Marseille, début juillet 2007

  Après notre première rencontre sur toulouse, puis notre aventure champêtre, nous avons attendu avec impatience notre prochain module de formation : une belle semaine sur les institutions locales et leurs services économiques ! Magnifique !
  Nous sommes bien évidemment partis le dimanche soir. Arrivés à l'hôtel, nous avons choisi une de nos deux chambres, nous avons ri comme des fous en découvrant un lit tellement fatigué qu'il s'incurvait dangereusement vers le milieu, signe inéductable d'un fin proche. Fred s'est jeté sur ma bouche presque violemment, la passion nous a submergé.
  Nos jeux sexuels furent intenses : j'avais une vigueur nouvelle et Fred jouait toujours autant avec moi. Elle m'excitait, cherchait à faire sortir un peu de violence en moi puis la faisait disparaitre en quelques secondes en me disant de me calmer où en n'hésitant pas à me mordre ou me griffer. Peu à peu, je finissais par apprivoiser ma force et ma violence, je changeais ma façon de voir ma sexualité, je finissais même par me laisser aller dans les bras de cette incroyable fille, moi qui voulait toujours tout contrôler et dominer !

  Nous avons passé ainsi une semaine à nous contenir en journée puis nous défouler le soir. Il était parfois dur de donner le change quand nous nous retrouvions en cours et aux repas. Nos collègues voyaient visiblement qu'il ne fallait pas s'interposer et ne nous en tenaient pas rigueur, nous devions ressembler à deux adultes complices qui flirtaient un peu.

  Le vendredi après-mid arriva, nous ne voulions pas nous quitter. J'ai proposé à Fred de prévenir nos conjoints que nous avions loupé notre TGV et que nous allions rentrer par le suivant, beaucoup plus tard en soirée. Ainsi, nous allions pouvoir passer plusisuers heures ensemble pour nous balader, pour diner, pour nous prendre par la main, pour flaner... bref, pour être simplement ensemble.
  Elle a donc averti son conjoint, moi ma femme.
  Sur le moment, je n'ai pas preté attention à un détail. Mais il fut l'un des révélateurs (pas la cause,
évidemment)de la situation dans laquelle
j'étais : pour contacter ma femme, je dus téléphoner d'une
cabine publique car je n'avais pas de portable. De plus, plus une seule cabine n'acceptait les pièces et je dus demander à Fred sa carte bleue. Elle se moqua gentiment de moi devant mon dénuement.
  Je compris alors que d'avoir ni portable ni carte bleue était un parfait exemple de mon renoncement façe à ma femme : pas besoin .pour moi d'avoir portable ou carte bleue puisqu'elle avait les deux. Je me souviens même qu'elle m'avait proposé de prendre un téléphone mais j'avais bêtement refusé pour ne pas avoir un outil qui m'obligerait à communiquer. Quelle stupidité !

  Je n'avais pas un besoin fondamental de carte ou de portable, mais la vexation que je ressentis alors me montra à quel point j'avais abdiqué pour acheter je ne sais quelle tranquilité morale vis-à-vis d'elle.

  Mais ce sentiment passa rapidement car en nous baladant en ville main dans la main, je sentais monter en moi une apaisement salvateur. Il y avait dans les rues des airs des musique qui allaient et venaient, la foule était joyeuse, un parfum de fête flottait autour de nous, la soirée s'annoncait chaude et une légère brise soufflait sur la ville. Je sentais Fred à mes cotés qui se collait un peu à moi, qui me serrait un peu plus la main. Elle s'arrêtait parfois devant la vitrine d'un magasin ou pour écouter un groupe de musique qui jouait dans la rue...
  Nous avons marché de longues minutes sans nous parler, nous ne voulions ni l'un ni l'autre rompre le charme de ces instants magiques. Je ressentais toute la vie et le bonheur qui émanaient de Fred, je devinais plus que je ne le voyais sa démarche féminine et assurée, je savais qu'elle avait ce fameux sourire sur ses lèvres, ce grand regard lumineux... Puis nous nous sommes assis sur un muret. Fred me regarda :
  - dis-moi que c'était pareil pour toi ?
  - oui, j'avais l'impression de... de...
  - de flotter ? dit-elle.
  -c'est ça, de flotter... c'était comme un instant magique ! répondis-je.
  Fred me regarda encore et m'embrassa fougueusement .
  - Je me sens tellement bien avec toi...

Nous avons ainsi passé deux heures hors du temps à flâner dans les rues comme des amoureux. Je me sentais comme un adolescent qui découvre pour la première fois l'amour : les sentiments m'envahissaient, débordaient de moi, je pouvais sentir les ondes de bonheur émises par Fred, nous étions seuls au monde.

  Mais tout à une fin et nous avons du retourner à la gare attendre notre train. Nous avons toujours aussi peu parlé mais plus pour les mêmes raisons : l'idée qu'au bout du voyage, il y avait la séparation nous envahissait et nous rendait malheureux. Fred pleura deux fois et je passais mon temps à la réconforter. Sa tristesse me fit découvrir qu'au milieu de notre amour naissant, grandissait une fleur belle et vénéneuse, je l'appelle responsabilité. 

Nous sommes arrivés à la gare et nous sommes mis d'accord pour qu'elle prenne une minute d'avance afin d'éviter que nos conjoints nous voient ensemble. En sortant, je vis de suite ma femme dans sa voiture garée juste devant. Je m'avançais. En arrivant près d'elle, je remarquais la voiture garé juste derrière : un homme était au volant et Fred à ses cotés.

  Pendant une seconde, nos regards se sont croisés, et sans parler, nous avons su que nous n'étions qu'au début de notre histoire...
Par Zach - Publié dans : année 2007
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Mardi 10 juillet 2007
 Il faut parfois prendre un peu de recul et se payer du bon temps, flemmarder au lit, dire quelques bonnes grosses stupidités (l'euro, il a fait augmenter tous les prix !) (note à tous ceux qui croient cette stupidité : ce sont les marchands qui ont fait augmenter les prix en arrondissant à la dizaine supérieure, l'euro n'est qu'une monnaie, réfléchissez un peu, bon sang !), boire un peu trop et se gaver de hamburger-frites et tant pis pour la ligne, craquer un peu trop d'argent et tant pis pour le mois suivant, ne pas répondre au téléphone et surtout regarder de bonnes séries destroy à la télé. Exemple :


Je viens de me voir à la suite les 6 1ers épisodes de Californication (avril 2008).

 Un humour décapant, des personnages outranciers et un héros à la fois cynique et paumé,des situations déjantées et des dialogues écrits au scalpel ; c'est tout ce que j'aime !


  Allez, il rejoint mon panthéon des bonnes séries à ne pas manquer avec Dr House(mon maitre en
cynisme !) et Dead like me (même les morts en ont parfois marre des vivants, c'est dire !)

  Mais sans rire, pourquoi j'aime ce genre de séries ?
Voyons voir, nos trois héros ont d'abords des points communs :
ce sont d'abord des anti-héros, ils se foutent d'avoir du succès ou de la gloire, non,ils veulent simplement ce que nous voulons tous. et c'est quoi, ce que nous voulons tous ? Pas trouvé ? bon, je le dirais plus tard...

  Ensuite, ils ont touts une blessure profonde :
Dans Californication, l'écrivain à le syndrome de la page blanche, Greg House, quant à lui, à une jambe en mauvais état qui l'oblige à marcher avec une canne mais surtout à se bourrer de médocs tellement il en souffre ; Quand à la petite héroïne de Dead like me, elle est morte et on l'oblige à bosser - son pire cauchemar - comme accompagnatrice  pour les nouveaux morts (comme les nouveaux-nés mais à la fin, si vous voyez...).

Alors c'est ça, c'est tout ? un mou de la plume, un bancal et une ado feignasse ? Noooon, masques que tout cela, leurres en tout genre, il y a en réalité une blessure derrière la blessure, une lecture plus intime du genre humain.

L'écrivain s'est fait plaquer par sa femme, et tout ce qu'il demande c'est qu'elle revienne, en attendant, il compense par une vie sexuelle débridée et une vie sociale "défoncée".
  Greg House ne supporte pas les gens qui sont selon lui tous de menteurs et tout ce qu'il demande c'est que quelqu'un vienne vers lui sans le décevoir, en attendant, il est abject et insupportable.
  Quand à notre petite héroïne, elle est morte en pleine cris d'adolescence à pourrir la vie de sa mère et tout ce qu'elle demande c'est de pouvoir lui parler une dernière fois, en attendant, elle se conduit comme une sale gamine blasée.

  Alors, vous avez compris ? Ce qu'ils veulent tous ? Ce que nous voulons tous ? Ce après quoi nous sommes prêt aux plus grands sacrifices ?

  Nous voulons simplement de l'amour. Californication veut simplement retrouver l'amour de la femme qu'il aime ; House voudrait qu'on lui prouve qu'il peut s'aimer lui-même, qu'il en vaut la peine ; et notre petite héroïne voudrait tellement et simplement dire à sa mère et à sa petite soeur qu'elle les aime, tout simplement.

  C'est juste ça, l'amour. Et il n'y a pas d'amour sans preuves d'amour.

  J'en sais quelque chose...
Par Zach - Publié dans : année 2007 - Communauté : Les chroniques de la meute
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Mardi 17 juillet 2007
mardi 17 juillet 2007 après-midi

  Avec Fred, nous avons décidé de prendre un après-midi de congé. Depuis notre retour de formation début juillet, nous ne pouvons plus nous passer l'un de l'autre : soit nous déjeunons ensemble à midi soit nous faisons l'amour. Malheureusement, avec l'arrivée des touristes, notre petit coin champêtre devient un peu trop passant et nous avons du nous replier dans sa voiture. Mais là encore, nos acrobaties amoureuses sont régulièrement interrompues et nous avons besoin de nous retrouver plus tranquillement.

  Nous avons donc choisi un petit village touristique à 15 km de Bordeaux pour nous retrouver en amoureux, car c'est bien de cela qu'il s'agit maintenant ; pas d'une passade, ni d'une passion bien qu'elle en fasse partie, mais d'un amour qui se développe et s'embellit de jour en jour.
  Nous avons d'abord flâné dans les rues, heureux de nous prendre par la main et de nous comporter comme des touristes, d'avoir le nez en l'air ou de nous extasier devant les boutique de souvenirs provençaux. Puis nous avons trouvé un tout petit restaurant dans une toute petite rue et nous sommes installés en terrasse. Nous avons passé quelques minutes à nous regarder en souriant tout en essayant de choisir un menu sur la carte. Nous nous sentions bien, nous vivions une fois de plus un moment magique. Nous étions ensemble et cela seul comptait. 
  
  Après le repas, nous avons encore flâné dans les rues comme un couple d'amoureux. Puis, à regret, nous nous sommes quittés. Il me restait encore sa présence à coté de moi  tout le temps que je rentrais chez moi...

De: Zach

Date: mer. 18/07/2007 12:18

À: Fred

Objet : un mardi hors du temps

Fred,

 

Merci pour cette journée, de ta présence, de tes paroles, de ta complicité…

 

C’était encore des moments magiques où nous étions juste bien d’être ensemble, juste heureux de vivre ces instants-là  ensemble…

Nous allons bientôt entrer dans des périodes plus dures mais c’est aussi le souvenir de ces journées-là et la promesse d’autres qui vont nous soutenir.

 

Alors, je t’aime, Fred.

 

 

PS : Je pense que tu auras bientôt fini ta réunion. Mon portable n’est toujours pas activé pour l’instant. Tu pourras essayer un mail ou fixe comme d’hab’.

 

rePS : petite alerte ce matin avec ma femme qui cherchait de l’argent dans mon portefeuille et qui me demandait ce que j’avais fait de mes 35 euros… j’ai dit que j’en avais aucune idée et que je les avais peut-être laissés au bureau.

Evidemment, elle a du mal à le croire et j’ai senti peser l’ombre d’une interrogation encore très vague…

Les évènements semblent avancer de façon inexorable, autonome, quelque soit notre volonté de les contrôler…

 

 

Par Zach - Publié dans : année 2007
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Jeudi 19 juillet 2007

Bordeaux, jeudi 19 juillet 2007

  Çà y est. Ca commence aujourd'hui.

  Au départ d'une aventure comme la notre, il y a d'abord comme une bulle protectrice qui nous entoure et nous protège. Elle est créée par nos habitudes d'avant qui nous imposent un même rythme de vie et par la nouveauté de notre relation qui nous empêche d'être audacieux. Puis, petit à petit, nous commençons à sortir de cet espace protecteur en bousculant le quotidien pour se voir plus souvent, en changeant de comportement, en laissant mille et une traces de notre passage par des messages ou des mails non effacés, des erreurs dans les explications données à l'entourage...

  Quand arrive ce moment-là, la bulle explose comme un caillou jeté à la surface de l'eau : juste un "plop" léger, quelques gouttes qui se dispersent, puis viennent les ondes, ces petites vagues concentriques qui naissent de la dépression créée par l'impact. Elles s'éloignent lentement mais sûrement du point d'origine et quoi qu'il arrive, quelque soit le temps qu'elles mettent, elles finissent toujours par rencontrer une autre bulle à la surface de l'eau qui elle aussi va réagir, générant ainsi ses propres ondes qui nous atteindront à un moment ou à un autre.

  Les autres bulles, ce sont donc les autres...

.../...

  Ma femme m'a dit hier soir qu'elle était allé avec une amie aujourd'hui au même petit village pour chiner un peu ! J'ai réussi à rester impassible, je l'ai fait un peu parler, elle est allé dans la même rue où Fred et moi avons mangé !

  J'en parle au téléphone avec Fred. Je lui fait partager ma vision  : jusqu'à présent, nous étions seuls au monde mais à partir de maintenant, nous commençons à créer des ondes autour de nous comme des cailloux qui tombent dans l'eau et bientôt, les éléments, les gens autour de nous vont commencer à réagir, à avoir leur propre mouvement et commenceront aussi à agir sur nous. Nous allons devoir faire plus attention, nous allons devoir nous préparer à des périodes plus difficiles et à nous soutenir encore plus.

  Puis nous avons attendu avec impatience notre rencontre suivante sur Toulouse, pour un autre module de formation-séminaire d'une semaine.
  En attendant, nous nous sommes souvent revus dans de petits restaurants ou des cafés, nous allions nous asseoir à la table la plus éloignée de l'entrée et là, nous pouvions nous prendre la main à l'abri des regards et nous embrasser longuement...

Par Zach - Publié dans : année 2007
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Dimanche 22 juillet 2007
  - Fred ?
  - Oui ? ça va ?
  Je soupire un peu à la question mais je souris :
  - Oui, ça va, je suis chez ma mère pour continuer les travaux et c'est un peu difficile avec elle, tu sais... j'ai pris quelques minutes pour me reposer avant de continer... Je te téléphone de la petite pièce au fond de l'appart et j'ai fermé la porte à clé pour être tranquille, on ne sait jamais !
  - Je sais que c'est difficile pour toi, courage !
  - Merci, et pour toi, dis-moi comment ça va, ce qui se pa...

BOUM... BOUM... BOUM...

  Avant que Fred ne puisse répondre, des coups sourds sont données contre la porte puis deviennent plus violents. Surpris, je me retourne et vois cette porte de la petite pièce où je me suis réfugié et que j'avais fermé à clé littéralement vibrer à l'unisson des coups. Puis quelques secondes de silence s'installent. Et les hurlements de ma mère commencent, rapidement suivis d'autres bruits plus incisifs, de métal contre métal.
tournevis
  Le téléphone encore à la main, bouche bée, je vois le bout d'un tournevis exploser le bois de la chambranle autour de la petite serrure. En quelques secondes, elle cède, la porte s'ouvre à la volée et ma mère la fait claquer contre le mur d'un mouvement rageur du bras. Cette fois-ci, je sens venir le danger. Du haut de son mètre soixante et malgré ses 80 ans, je sais que j'ai en façe de moi une personne portée par une folie qui décuple ses forces ; elle est dopée par l'adrénaline charriée dans ses veines.

  Elle se tient dans l'embrasure, son tournevis fermement pointé vers moi. Son visage est rempli de haine, de folie, ses yeux sont exorbités et brillent comme des feux... Elle hurle et éructe  :
  -JE SUIS ICI CHEZ MOI ! JE T'INDERDIS DE FERMER LES PORTES DE MON APPARTEMENT ! TU AS COMPRIS ? TU N'ES PAS CHEZ TOI, ICI ! ALORS FOUS LE CAMP !

 Je repose très doucement le combiné sans la quitter des yeux. Je me lève doucement  et je lui dis qu'elle a raison, que je vais la laisser tranquille. Ma vision périphérique remarque toujours le tournevis dans sa main. De vieux réflexes militaires surgissent, mon pied droit se met en avant pendant que je bascule aussi le haut du corps. Je prépare déjà les parades qui pourrait arrrêter un geste d'attaque, je repère très précisément les quelques mètres qui me séparent de la sortie, je réfléchis à l'enchainement de ce que je dois faire. Tout ça en continuant à lui parler doucement...

...raccrocher le téléphone...
  - tout va bien, maman, tu as raison, je m'en vais.

...prendre mon blouson et mon sac dans la main droite...
  - regarde, j'ai déjà mes affaires dans la main.

...sortir de la pièce sans la toucher...
  - je vais sortir, je ne te touche pas, d'accord ?

...me diriger vers la porte de sortie à reculons...
  - je repasserai plus tard, à bientôt, maman, je te laisse tranquille.

  Je suis devant l'ascenceur, ma mère m'a suivi jusqu'à la porte d'entrée de son appartement, le tournevis toujours en main. Je rentre dans l'ascenceur sans la quitter des yeux, je referme la porte. En sortant, je marche à ma voiture, je démarre, je fais 100 mètres et je trouve une place pour me garer dans une petite rue tranquille.
  Cette fois-ci, ma mère a eu un de ses pires accès de rage. J'arrive à peine à la contenir. Son traitement ne suffit plus et le temesta qu'elle croque comme des bonbons la calme à peine. Le pire, c'est que sa folie destructrice se tourne plutôt vers ses proches. Avec d'autres personnes, elle donne une autre image d'elle plus rassurante, une petite vieille à la fois bougon et craintive.
L' infirmière qui la suit a mis plusieurs semaines avant de me croire, puis elle a aussi subi un accès de colère noire de ma mère pour une banale histoire de soins à faire. Ce jour-là, elle avait vu dans ses yeux cette folie que je ne connaissais que trop bien. Je l'avais rassuré tout en lui demandant de prendre quelques précautions : la laisser parler, ne pas la contredire, ne pas polémiquer et surtout, surtout, ne pas lui tourner le dos.

  Et voilà, je suis maintenant garé et j'essaie de me calmer, de respirer doucement, de calmer les phrases qui se bousculent dans ma tête, de laisser glisser les émotions qui me submergent.

  Que faire, mon dieu, que faire ? Comment je peux sortir de cet enfer ? Tout s'effondre un peu plus autour de moi chaque jour. A chaque enfer en succède un autre, rien ne m'est épargné.
Je repense au film "en pleine tempête". A peine sorti d'un terrifiant ouragan qui a quasiment détruit son bateau de pèche, un capitaine voit enfin percer un timide rayon de soleil. Alors qu'il commence à croire à sa survie, le rayon de soleil disparait d'un coup, l'horizon se bouche, le vent se leve et d'abord incrédule, puis terrifié et enfin résigné il voit devant lui une nouvelle tempête, plus forte, plus rageuse, plus fatale se former. Il comprend alors qu'il n'y aura pas d'issue heureuse, pas de retour au port possible... Mais il se battra jusqu'au bout, pied à pied contre les éléments, parce que c'est sa nature, il ne peut pas s'en empêcher, il peut tomber à genoux mais il se relève une fois, puis une autre... C'est sa nature...

  Alors voilà ma vie aujourd'hui, tomber puis me relever, tomber encore puis me relever, tomber, ramper puis me relever.
  Prendre ma famille dans mes bras et la faire avancer vers la vie quoi qu'il m'en coute, quelque soit ma douleur, quelque soient les efforts à accomplir, que j'en pleure ou que j'en crève, que cela déchire tous les jours un peu plus mon coeur sanglant. C'est ma vie maintenant, ça passe ou ça casse, c'est marche ou crève.

Alors, je marche.

Je marche à en crever.

Je marche et je crève.
Par Zach - Publié dans : année 2007
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Lundi 6 août 2007

6 août 2007 - Gare de Bordeaux

  Parfois, certains signes nous montrent que tout ne se passera pas comme nous le pensons mais nous avons du mal à les décrypter sur le moment. Nous les gardons dans un coin de notre mémoire et il faut parfois laisser passer le temps pour s'en rendre compte. Ils sont comme les nuages qu'on ne voit pas avant la pluie mais dont on se souvient quand elle arrive.

  Pour Fred et moi, ça a commencé avant même notre séminaire.

  - Je suis voiture 8, place 68, et toi ? Je viens de recevoir mes billets et je m'empresse de voir avec Fred si nos places sont loin l'une de l'autre.
  - Ah mince, je suis voiture 18, place 64 ! Pas grave, on se retrouve devant l'une ou l'autre voiture !
  - Ok, on fait comme ça...
  - Je t'aime !
  - Moi aussi, à demain !

  Le problème, c'est que le lendemain, ma femme m'a accompagné sur le quai de la gare et je déteste ça : j'ai l'impression d'être un enfant accompagné par sa mère ! Pour moi, le quai d'une gare, c'est plutôt un appel à l'aventure et à la liberté, à une autre vie, c'est un temps ou je dois faire seul un voyage, c'est une place assise devant un paysage et face à mon imagination...
  Arrivés en quai, je vois effectivement Fred assise plus loin sur la droite.

  - Quelle voiture, tu as dit ? me demande ma femme.
  - Voiture 18.
  - C'est par là...

  Nous partons vers la gauche. Je respire un peu en pensant que j'aurais pu attendre l'arrivée du TGV à coté de Fred !

  "... le TGV 1546 à destination de Toulouse est annoncé avec une heure de retard..."

  Le message sortant des haut-parleurs me donne de l'inquiétude. Comment attendre avec ma femme alors que je voudrais déjà être avec Fred? L'heure passe, très longue, je la vois parfois qui me regarde... Enfin, une voix annonce l'arrivée du TGV en gare dans les cinq minutes.

  En prenant mon sac, je suis surpris de voir Fred se diriger vers ma voiture et s'y engouffrer. Difficile de ne rien laisser paraître... Je monte aussi. Je cherche ma place. Fred est assise juste à coté , de l'autre coté du couloir ; nous échangeons furtivement un regard. Je pose mes affaires et rejoint ma femme sur le marchepied. C'est donc doublement plus difficile de la voir sur ce quai de gare. Je lui dis qu'elle peut rentrer mais elle s'obstine, elle restera jusqu'au départ et du coup, je retiens un peu d'énervement. Pourquoi je n'arrive pas à lui dire de partir, de ne pas attendre le départ de ce train ?

  Enfin, le TGV démarre. Je rejoins  Fred, nous discutons et commençons à nous rapprocher mais au bout de quelques secondes, force est de constater que notre stress est encore trop fort, nous avons besoin d'un peu de temps pour retrouver notre calme. Il nous faudra plus d'une heure.
  En attendant, Fred me rappelle gentiment que je me suis planté de numéro de voiture, elle m'attendait devant la voiture que je lui avais  indiqué, et non celle-là ! Mince, dès le début, nous avions donc une place côte à côte...

  - Zach, tu étais voiture 18 et pas 8 ! Moi, aussi j'étais voiture 18 mais je t'attendais à la 8, pour être avec toi ! Alors, quand je t'ai vu te diriger vers la 18, j'ai compris que tu t'étais planté quand tu m'en as parlé ! Nous sommes donc dans la bonne voiture ! Ton erreur nous a servi sinon, nous aurions du patienter sur le quai pendant une heure l'un à coté de l'autre en nous ignorant totalement, ça aurait été l'enfer !
  Nous rions de bon cœur à cette erreur salvatrice, mais nous revenons quand même de loin, encore une fois...

  En arrivant sur place, nous avons retrouvé notre calme, nous posons nos affaires dans notre chambre (le lit est plutôt bon). Bien évidemment, nous faisons l'amour et Fred m'entraine encore et parfois me pousse dans nos jeux. J'ai parfois peur de déraper et que ma violence ressorte et pourtant pas du tout, tout se passe comme si la confiance mutuelle et le plaisir commun suffisaient. Je peux dominer car Fred le veut bien et parfois, elle me résiste et je me trouve beaucoup moins fort qu'elle.

Pourtant, cette semaine ne va pas si bien se passer que ce dimanche soir...

  J'ai d'abord plutôt passé un mauvais lundi : je suis le seul homme dans mon groupe et Fred déclare à toutes qu'elle aura bientôt son appart mais qu'elle est déjà séparée de son mari. C'est un peu frustrant de ne rien dire, je me sens de trop dans ses conversations féminines voire féministes ; mais plus vraisemblablement j'ai du mal à assumer mon rôle d'amant secret. De plus, l'intervenant de ce séminaire est un bel homme et Fred joue avec le groupe de son statut de célibataire. Je sens cette fois-ci combien j'ai peur de la perdre et combien j'ai du mal à accepter que cette merveilleuse femme m'aime, moi qui ai si peu pour plaire. Je dois donc ravaler ma fierté de mâle, calmer mon angoisse de la perdre et essayer de ne pas bouder comme un enfant ; c'est beaucoup en même temps !
En rentrant dans notre chambre le soir, nous faisons l'amour mais je suis contrarié et Fred le sent. Elle se couche à mes cotés et me pousse à m'expliquer. Je lui dis avoir été déconcerté par sa séduction naturelle envers cet intervenant et sa façon de parler de sa "liberté" aux autres filles du groupe. Elle réfléchit un peu et me répond que je ne peux pas l'empêcher d'être comme ça mais que je n'ai rien à craindre. je comprend évidemment son point de vue mais sa façon de vivre sa vie me montre combien je vis la mienne différemment, j'ai peur de ne pas être à la hauteur, de devenir un petit homme jaloux et qu'au final elle ne me quitte un jour car je n'aurais pas su grandir, la comprendre et trouver une harmonie de couple...

  Le mardi soir dans notre chambre, nous discutons Fred et moi de notre avenir :
  - tu sais, Zach, si tu penses quitter ta femme, il faudra aussi quitter un peu ton fils...
Je suis un peu surpris de cette phrase.
  - C'est-à-dire ?
  - ta femme ne te le laissera pas forcément en garde partagée comme tu le souhaites, tu l'auras peut-être les week-ends. Il faut te préparer à ça...
  Je ne bouge pas quelques secondes, le temps de réaliser, puis un pincement envahit mon cœur. L'idée terrible de m'éloigner de mon fils vient de s'infiltrer en moi comme un poison et me brûle comme de l'acide.

  Je me souviens qu'avec ma femme, nous avions pris rendez-vous avec un pédopsychiatre vers les 3 ans de notre fils. L'équipe pédagogique nous avait alerté qu'elle avait de sérieux problèmes pour le faire obéir et pour qu'il accepte les règles sociales. Le pédopsychiatre m'avait écouté quelques minutes, puis il avait posé quelques questions à mon fils et lui avait donné un dessin ou deux à faire. Il nous avait ensuite rassuré en nous expliquant que notre fils était plein de vie et qu'il plaçait le jeu encore bien au-dessus des règles sociales mais qu'il n'y avait pas lieu à s'inquiéter.

  Puis il s'était tourné vers moi, un peu penché en avant sur son bureau comme s'il voulait peser encore plus sur ce qu'il avait à me dire.
  - Ce qu'il est important de comprendre, c'est surtout pour vous plus que pour votre fils. Il va très bien, il est vif, heureux donc arrêtez de vous inquiéter de son état mental et vous verrez qu'il s'adaptera comme les autres. Certains apprennent à lire plus tard, d'autres n'aiment pas le sport et votre fils préfère n'en faire qu'à sa tête pour l'instant. Tant mieux ! Ça prouve qu'il a de la personnalité et qu'il faudra le gérer !

  Il marque quelques secondes d'arrêt et reprend :
  - Mais vous Monsieur, vous devez savoir que vous êtes un père maternant et que si vous pouviez lui donner le sein comme une mère, vous le feriez !
  Je suis d'abord surpris de la remarque puis en réalité flatté; C'est exactement ça ! J'ai un double amour pour mon fils : paternel et maternel. Je suis assez fier que cet homme l'ai vu et que je sois reconnu comme tel.
  Voilà donc ce que me rappelle les propos de Fred : cet amour immodéré pour mon fils, cet amour qui fait que je passe tellement de temps chaque jour à jouer avec lui ; que tous les soirs, je reste aussi longtemps qu'il le faut à lui raconter des histoires et lui faire des papouilles jusqu'à ce qu'il s'endorme.
  Je me love un peu plus dans le lit, Fred sent mon angoisse et me serre dans ses bras...

  Le mercredi arrive, c'est au tour de Fred de ne pas être bien dans notre chambre. Elle m'a entendu parler avec ma femme au téléphone et est mal à l'aise. Elle me dit en quelques mots qu'elle a peur pour notre avenir, qu'elle sent toutes les difficultés à venir. Je dois longuement négocier pour qu'elle accepte de sortir en ville afin de nous changer les idées. Nous finissons la soirée à la terrasse d'un restaurant sur la grande place, un serveur qui en a vu d'autres nous fait sourire mais nous mettrons plus d'une heure à retrouver notre calme et chasser nos ruminations.

  Puis le vendredi arrive. Nous reprenons le train. Cette semaine a été riche en nouveaux sentiments. D'abord ma jalousie envers Fred, c'est la première fois que je ressens sa féminité comme un danger et je comprends que j'ai encore beaucoup de chemin à accomplir pour la comprendre et la rejoindre. Puis mon amour filial immodéré qui d'un seul coup me replonge dans une dure réalité : en quittant ma femme, je quitte un peu aussi mon fils et pour l'instant cette pensée m'est intolérable. Enfin, je découvre la fragilité de Fred que je trouvais si forte.

  Le voyage se poursuit. Nous parlons peu mais nous somme confiants, sans crainte de l'avenir, juste l'envie de nous revoir très vite... Un peu avant la gare, nous nous enlaçons longuement sous les regards un peu surpris des rares voyageurs, je peux même imaginer que quelques-uns ont compris. Fred descend une minute avant moi et je la suis. Nous rejoignons nos conjoints dans nos voitures respectives. Ces conjoints à qui nous commençons à faire du mal sans le savoir, sans le vouloir, mais qui vont bientôt commencer à réagir...

Par Zach - Publié dans : année 2007 - Communauté : Les chroniques de la meute
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Dimanche 26 août 2007
bordeaux, 20-22 aout 2007
  3 jours de formation sans Fred. Dur ! Mais je l'ai régulièrement au téléphone et ses paroles sont rassurantes...

Bordeaux, 26 aout 2007
  Fred vient de signer le bail de son nouvel appartement. Elle était seule samedi soir et avait un peu le blues.
  Elle a eu longuement son mari au téléphone et ça la pertube : il est conciliant et calme au téléphone, un peu ce qu'elle aurait aimé qu'il soit avant leur rupture.
  Elle a l'impression de ne pas m'avoir vu depuis un mois et est un peu "fébrile". Je lui dit qu'encore une fois, rien ne se passera comme nous le prévoyons... j'essaie de l'appeler en fin de journée mais elle ne répond pas..
Par Zach - Publié dans : année 2007
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