mes choix de vie... mes décisions.. l'aventure extraordinaire que je vis...
Vendredi 12 octobre 2007
Un repas chez Fred à midi. On se sentait comme un vrai couple ! Ambiance calme et détendue, des échanges doux et nos âmes en paix...
Samedi 13 octobre 2007
Cette fois-ci, j'ai retrouvé Fred et sa fille à un parc en périphérie de la ville. J’étais avec mon fils. Une de ses amies, K, était présente et nous avons discuté quelques instants. Elle a un petit humour pince-sans-rire et ne mâche pas ses mots. Derrière son allure de fille sure d'elle, je remarque son regard et je perçois comme une distance ou un détachement, il m'évoque quelque chose que je connais mais je ne saurais dire quoi, une sensation de déjà-vu...
Dimanche 14 octobre 2007
Fred et moi avons encore réussi à passer une partie de l'après-midi ensemble. Nous avons alterné des moments de discussions et de tendresse sur le canapé, simplement heureux d'être ensemble. Je comprends mieux maintenant comment elle perçoit la vie, sa façon de l'appréhender.
J'ai longtemps été interrogatif sur ce que je pourrais partager au quotidien avec Fred et petit à petit je m'aperçois que c'est juste l'envie de profiter des plaisirs du quotidien, de ne rien rater d'une belle journée de plage, du plaisir de découvrir un nouveau restaurant, d'une simple soirée à profiter des enfants ; l'essentiel est de savoir gouter ces joies-là en accord avec la personne qu'on aime.
Mardi 16 octobre 2007
Fred est passé à mon travail ce matin, nous avons pris un café et nous sommes toujours aussi bien ensemble, tout simplement.
Mercredi 17 octobre 2007
Argh, je suis un peu malade de puis deux jours, et du coup j'ai un coup au moral. Stupide, complètement stupide...
J'ai emmené mon fils chez le pédopsychiatre pour parler de la séparation ce qui a enclenché une discussion le soir chez moi. Rude...
Vendredi 19 octobre 2007
J'ai eu plusieurs fois Fred au téléphone aujourd'hui et je la sens préoccupée. Comme d'habitude, je maitrise mal mes émotions et je sens une boule d'angoisse monter en moi. En plus, elle me dit que si notre histoire ne durait pas, ça aurait été une belle aventure et que nous n'aurions rien à regretter. Je sais qu'elle en a marre de cette situation et qu'elle voudrait que l'on se voie plus souvent, plus régulièrement, sans cette contrainte de ne pouvoir m'appeler quand elle souhaite.
Mais j'accuse quand même méchamment le coup. Vite, mon psy !
Intermède psy !
Encore une bonne séance à me battre contre mes démons !
Nous avons parlé de mes qualités vues par les autres et que je minimise et ma psy me demande de faire un nouvel exercice : prendre tous les soirs 5 minutes et trouver quelque chose de positif que j'ai fait où qui m'est arrivé. Prendre aussi 5 minutes par jour pour discuter avec quelqu'un (que ce soit au travail ou ailleurs), lui poser des questions sur lui, ses activités, ses centres d'intérêt... Ca me plait bien mais je me sens assez mal à l'aise sur le coté calculé...
Je lui ai dit aussi qu'a mon travail, je me sens débordé, que j'ai l'impression de ne pas maitriser réellement mon poste alors qu'un de mes collègues semble très bien y arriver.
- Allez le voir, Zach, dites-lui. Encore une fois, ne restez pas seul avec votre problème. Au pire, il vous envoie bouler et au mieux vous allez progresser. Vous n'avez donc rien à perdre.
Elle parle aussi beaucoup pour me motiver, me dit encore combien était incroyable le manque d'estime envers moi-même ; elle me convaint presque que la communication avec les autres n'est pas forcément une qualité mais peut-être juste une technique comme une autre...
Je sors de ma séance somme toute assez détendu.
Je téléphone ensuite à Fred, je lui dis à elle aussi que je me sens un peu à coté de mon travail et bien sur, elle trouve les mots justes pour me dire que je dois faire mon travail et pas celui de mon équipe. Ca parait tout simple quand elle le dit ! Je vais donc réfléchir pour mieux m'organiser, avoir une meilleure maitrise des chiffres...
Samedi 20 octobre 2007
je suis passé chez ma mère ce matin ; malgré son nouveau traitement qui la rend presque normale elle n'était pas en forme et ca m'a inquiété. Elle radotait pas mal, m'accusait un peu comme d'habitude de lui cacher son chéquier et sa carte d'identité, et d'autres observations du même type...
J'ai gardé mon calme mais je suis quand même très inquiet de devoir bientôt vivre avec elle. Je réussis quand même à lui glisser que je vais quitter ma femme et que c'est pour cette raison que j'emménage chez elle. Elle pousse un "Oh !" d'étonnement et se met à pleurer. Je lui explique calmement la situation, que je ferais mon possible pour la déranger le moins possible.
Puis elle sort une curieuse phrase :
- pas assez de malheurs comme ça... et moi... qui m'a aidé quand j'ai perdu les jumeaux à la naissance ?
- De... de quoi parles-tu ? Quels jumeaux ?
- Oh, c'était avant ta naissance... avant... et puis à quoi bon. C’est loin... On ne m'a pas aidé à l'époque... marmonne t'elle.
Je brule de la questionner mais elle est à bout pour l'instant et il ne sert à rien d'insister. Des jumeaux ? Avant moi ? Mort-nés ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
J'envoie un mail à ma sœur le soir même pour lui demander si elle est au courant de cette histoire. Elle me répond en avoir entendu vaguement parler, effectivement.
Je reste bouche bée devant cette nouvelle. C'est donc vrai. Après la naissance de ma sœur et avant la mienne, il y a eu des enfants mort-nés. Je reste stupéfait devant l'incroyable accumulation d’évènements qui m'arrivent ! Quoi d'autre maintenant ? Qu'est-ce que je vais devoir encore supporter avant que ça ne s'arrête ? Que je puisse enfin vivre tranquillement ? Jusqu'ou vais-je devoir tenir ? Même si j'ai une faible estime de moi, je trouve quand même que peu de personnes pourraient en encaisser autant et mener autant de batailles de front.
Parfois, je me demande si toute cette pression, en fin de compte, n'est pas comme une drogue pour moi. C'est ma dose, sans elle, je devrais me faire face... Mon psy m'avait demandé de prendre régulièrement du temps pour réfléchir à ma situation et j'ai toujours tout fait avant pour ne jamais être en repos. Et tout ce qui m'arrive depuis deux ans me met en état perpétuel de veille. Je commence à comprendre peut-être le processus infernal, pas de repos donc pas de pensées donc pas de guérison donc pas de repos...