mes choix de vie... mes décisions.. l'aventure extraordinaire que je vis...
15 décembre 2007 - Bordeaux
J'ai réussi à voir Fred quelques minutes au marché de Noël. C'était un peu risqué car j'étais avec mon fils et bien sur, en rentrant, il a immédiatement et innocemment raconté qu'on avait vu une collègue de travail. J'ai noyé le poisson en donnant le nom d'une autre et vieille collègue de mon service.
J'ai aussi réussi il y a quelques jours à avoir un semblant de discussion avec ma femme. Dieu qu'il est difficile d'échanger sérieusement mais calmement dans de telles situations. Je réussis à dire que nous ne sommes pas de grands communicants mais que nos silences ont mis à mal notre relation ; je prend ma part de responsabilité d'avoir laissé s'installer ce système pernicieux et je reconnais mon manque de réaction de ces dernières années.
Mais ce soir, nouvelle crise ! La soirée s'annonçait bien, tout était calme et je regardais la télé, mollement affalé dans le canapé quand mon fils fit irruption :
- papa, quand est-ce qu'on met les guirlandes de Noël ? m’interroge-t-il.
- Oh, bonne idée, mon grumeau. Si tu veux, on peut commencer à en mettre quelques unes maintenant ! On peut mettre ce soir la petite locomotive en bois si tu veux ! Ca te va ? Répondis-je tout guilleret.
Je me lève et je prends les clés de la cave pour aller chercher le carton des décorations mais Sylvie débarque dans le salon et calme aussi sec nos ardeurs en nous précisant que la déco de Noël, elle a son mot à dire, et qu'en plus, ce sera ce week-end et pas maintenant. Mais maintenant que je suis devenu un peu sensible sur le sujet mère-enfant, je me braque moi aussi sec et je lui réponds que ça fait déjà des années qu'elle organise la déco de Noël et que j'ai laissé tomber toute velléité à ce sujet. Mais je lui précise que c'est désormais fini : j'ai aussi mon mot à dire et justement, j'en ai un peu marre des guirlandes marron foncé, des miniatures en feutrine blanc cassé dans tous les sens.
C'est peut-être très joli en photo dans les magazines de déco mais je pense que c'est d'abord la fête des enfants et qu'ils aiment aussi de bonnes couleurs vives comme un rouge qui pète le feu ou un vert joyeux. En plus, on veut juste poser une malheureuse locomotive en bois et ses deux petits wagons : pas de quoi déclencher une catastrophe ferroviaire ou bouleverser sa déco ! Faisons un compromis : le hall d'entrée avec des couleurs vives et le salon à sa guise !
Elle ne dit pas grand chose et retourne en cuisine. Par contre, le soir, elle a une crise de larmes en me disant qu'elle ne sait plus quoi faire. Je lui répète encore que nous devons discuter, communiquer pour vérifier les désirs et besoins de l'autre mais que justement, c'est ce que nous ne faisons pas ensemble... Nous en restons là pour la soirée qui s'achève donc dans la plus grande incompréhension.
De son coté, Fred ne va pas fort non plus : elle a officiellement dit à son mari qu'elle voulait rompre définitivement ; il accuse durement le coup et cela la perturbe. Je ne peux que comprendre leur douleur sachant ce que je vis de mon coté.