mes choix de vie... mes décisions.. l'aventure extraordinaire que je vis...
Bordeaux, lundi 27 août 2007
Aujourd'hui n'est pas tout à fait un jour comme les autres. Fred m'invite à déjeuner dans son nouvel appartement. J'arrive à son adresse sans me perdre en chemin et j'en suis plutôt content car mon sens de l'orientation n'est pas ma plus grande qualité.
Cette invitation m'apparait comme une officialisation de notre aventure, c'est un moment que je trouve important pour nous.
Je sonne, Fred m'ouvre, nous nous embrassons et je découvre son nouvel environnement : 50 mètres carrés bien éclairés et disposés ; le salon est à gauche en entrant , la cuisine en face, un petit couloir à droite qui mène vers la chambre et la salle de bains. Fred m'en fait faire le tour, nous avons l'air aussi stressés l'un que l'autre. Alors, pour se détendre, une seule méthode reconnue dans le monde entier : nous faisons l'amour. J'ai ensuite tellement chaud que je dois prendre une douche. Nous nous mettons à table, je demande à Fred l'autorisation d'enlever ma chemise car je suis encore en sueur de nos efforts. Elle m'explique par le menu le repas qu'elle a préparé, elle me raconte en détail chaque décoration de la table, elle me rappelle l'importance qu'elle accorde à prendre des aliments de bonne qualité, elle me dit l'origine de la bouteille de vin. Elle parle un peu vite, ses gestes ronds sont un peu plus saccadés que d'habitude.
- Tu es stressée ? lui dis-je.
Elle me regarde et fait une petite moue :
- Un peu... reconnaît-elle.
- J'ai l'impression que tu cherches à me vendre une prestation. dis-je en riant.
- Peut-être... et moi, j'ai l'impression que l'on est deux gamins qui flirtent pour la première fois.
- J'ai aussi cette impression.
Du coup, je remet ma chemise pour être en accord avec le soin qu'a mis Fred à préparer ce repas. Nous discutons peu jusqu'au dessert. Nous débarrassons ensuite la table et prenons tranquillement un café en regardant un DVD.
A peine fini, nous refaisons l'amour puis nous nous installons sur sa terrasse, assis par terre et accolé au mur. Nous nous sentons particulièrement bien, nous goûtons cet après-midi d'été qui s'écoule entre passion et sérénité. Je savoure cet instant, il est magique comme l'était ce vendredi soir en formation ou cet après-midi passé à arpenter ce petit village provençal ; nous discutons de l'avenir, de notre façon d'emménager son appart quand nous serons réunis, des étagères à poser, du partage des taches, de nos envies toutes simples de goûter la vie...
Puis le téléphone de Fred sonne.
Elle décroche et me dit de me taire quand son mari s'annonce. Au fur et à mesure des secondes, je vois ses traits se durcir, puis elle essaye de placer quelques mots, puis elle écoute de nouveau, je la vois s'effondrer, ses yeux s'embuer, elle pose sa tête dans sa main libre, elle commence à lui répondre, je saisis vaguement le sens de la conversation, ils parlent de moi, de quelque chose que j'ai fait.
La conversation dure encore quelques minutes, je rentre dans le salon pour ne pas pertuber plus Fred. Elle finit par me rejoindre.
- Il a découvert sur notre ordi à la maison un mail de toi où tu dis que tu m'aimes. Je ne sais pas comment il a fait pour le trouver. Peut-être que je l'avais sauvegardé à un mauvais endroit, je ne sais pas...
- Je suis désolé, Fred, je sais qu'il est important pour nous deux que nos conjoints ne soient pas aux courant tant que notre situation ne sera pas officielle.
Fred est nerveuse, elle commence à ranger son appartement, elle cherche mes affaires.
- Il m'a dit qu'il allait passer pour qu'on s'explique. Il sera là dans 1/2 heure. Tu dois t'en aller. je suis désolée, il ne doit pas te voir ici pour l'instant, je vais m'expliquer avec lui.
- C'est moi qui suis désolé. J'espère que ça ne va pas être trop dur pour toi.
La mort dans l'âme, je ramasse donc mes affaires comme un amant sur le point de se faire surprendre, Fred m'embrasse, je sors rapidement et je rejoins ma voiture. Je roule quelques centaines de mètres et m'arrête sur le parking d'une grande surface. J'appelle Fred. J'essaie de la rassurer, de lui dire qu'elle peut lui expliquer que mes mails ne concernent que mes sentiments et pas les siens. J'essaie d'être pondéré, je lui demande comment elle va, je lui dit que je pense à elle.
Elle semble un peu rassurée par mes propos, elle me dit apprécier mon sang-froid. Je raccroche en l'embrassant.
Voilà, je suis à 500 mètres de chez elle sur ce parking, l'après-midi est brûlant, je regarde les mouvements de la circulation, les gens qui vont et viennent ; je me sens tellement dépourvu et inutile, j'ai l'impression d'abandonner Fred, de la laisser seule combattre pour son avenir.
Comment peut-elle me dire qu'elle apprécie mon sang-froid alors que je ne peux rien faire pour elle ? Que je la quitte précipitamment à la moindre alerte ? Je sais bien que rien ne pouvait se dérouler autrement mais j'ai quand même un goût de cendres dans la bouche.
Alors que je jette un dernier coup d'oeil vers l'ouest, en direction de l'appartement de Fred, me vient une dernière pensée : "comme une onde à la surface de l'eau... notre relation a créé des vagues autour de nous, les vagues se sont éloignées et sont venues heurter d'autres éléments qui commencent à réagir eux aussi. Le temps de l'innocence s'arrête, commence le temps des responsabilités...".
mardi 28 août 2007
Fred était en pleurs aujourd'hui au téléphone. Elle était avec son mari toute la matinée et les échanges ont été durs. Elle s"excuse de me mettre dans l'embarras mais je la rassure en lui répondant que c'est moi qui suis malheureux de ne pouvoir faire plus.
J'ai ensuite passé une terrible journée à me ronger les sangs... C'est comme ça....