mes choix de vie... mes décisions.. l'aventure extraordinaire que je vis...
Mercredi 29 août 2007
Je suis toujours en vacances et je profite d'une balade en VTT pour retrouver Fred. Elle semble plus calme mais reçoit plusieurs SMS de son mari pendant que nous sommes ensemble. Nous alternons discussions et moments de silence puis nous nous séparons plus tranquillisés.
Mais elle me manque et en fin d'après-midi, alors que je suis avec mon fils au jardin public et que ma femme discute un peu plus loin avec d'autres mamans, j'échange d'autres SMS avec Fred. Pour la première fois, elle me dit que son choix est définitivement fait et qu'avec son mari, c'est une histoire qui doit se finir. Sa petite phrase me fait prendre conscience de l'inéductabilité des choses.
Jeudi 30 août 2007
Il est 19 heures. je suis assis sur le coin du lit, je range vaguement quelques affaires ; mon esprit est occupé par Fred, je commence à me poser des questions sur le futur. Je me dirige vers une séparation d'avec ma femme et je me demande encore comment faire, comment dire...
Puis ma femme rentre dans la pièce et rien qu'au son de sa voix, je sens son stress.
- Zach, je peux te parler ?
Je relève la tête, un peu inquiet.
- Bien sur. Qu'est-ce qu'il y a ?
- Ecoute, je te sens perturbé en ce moment, tu ne me parles plus, tu ne parles plus. Il y a quelque chose qui ne va pas ?
Ma poitrine se serre en quelques secondes, mon coeur s'emballe ; comment dire ce que je ressens ? Je commence à lui répondre qu'effectivement, en ce moment, je ne sais plus très bien où j'en suis, je me sens perturbé, je me sens mal à l'aise. Elle me demande ce qu'elle peut faire, je lui répond qu'elle ne peut rien y faire et que je dois réfléchir seul à cette situation. Je réussis à lui dire que je n'arrive pas à contenir les sentiments qui se bousculent en moi. Elle reprend mes propos et je sens que sa voix tremble un peu, elle a compris que le moment est important et que mes propos concernant bien notre avenir de couple.
Elle finit de m'interroger quand je lui dis que je ne connais pas l'issue, que je ne contrôle rien et que c'est vraiment injuste pour elle.
Elle finit par quitter la chambre, les larmes aux yeux. Mes propos viennent de nous marquer au fer rouge du doute, la brûlure est profonde, douloureuse, nécessaire. C'est le premier acte d'une longue série...
Plus tard dans la soirée, je repense à ma vie depuis quelques mois, je laisse mon esprit vagabonder, j'imagine ma vie comme une multitude de lignes dans l'espace qui se dirigent toutes vers un point lointain ; mais en chemin, elles se croisent, se nouent, se délient, se serrent souvent les unes avec les autres comme les fils torsadé d'une corde, il arrive aussi qu'une ligne se brise et fragilise l'ensemble, puis une autre ligne arrive et le renforce.
Je m'attarde sur la complexité de ce schéma mental, j'en comprend les dépendances, les interactions mais pourtant je me sens bien incapable de pouvoir en prendre le contrôle, ne serait-ce qu'un peu.
Alors s'insinue en moi une simple réflexion qui se transforme en quelques minutes en besoin, puis en évidence ! Comment n'ai-je pu y songer plus tôt ? Je ne contrôle rien car je suis dépassé par la somme et le poids des évènements qui dirigent ma vie ? J'ai besoin de faire le point ? D'en parler ?
Un psy ! j'ai besoin d'un psy ! Je veux lui parler ! Je veux comprendre ! Je veux savoir ! Je dois lui dire des choses importantes ! c'est urgent !
Puis d'un seul coup, je perd le fil de mon cheminement intellectuel. Qu'est-ce que c'est que cette idée d'aller voir un psy ? Pour faire quoi exactement ? J'ai beau chercher, je ne trouve plus de raison précise malgré mon emballement de tout à l'heure. Pourtant, il me reste ce besoin impérieux, comme une idée fixe, comme un besoin fondamental.
Demain, je contacte mon médecin, il m'avait déjà donné les coordonnées d'un psy il y a deux ans... je vais lui redemander...
Vendredi 31 aout 2007
Je viens d'avoir Fred ce matin au téléphone et lui ai raconté ma conversation de la veille : elle est comme moi bouleversée et me dit qu'elle pense très fort à moi...
Je la vois ensuite chez elle pour déjeuner, nous ne pouvons nous empêcher de faire l'amour alors que nous pensions discuter un peu. Nous déjeunons ensuite et parlons quand même un peu mais nous refaisons l'amour. Cette envie de nous posséder l'un l'autre est tellement forte qu'elle surpasse tout, il s'agit plus que d'une simple étreinte physique et sexuelle, ce sont comme des retrouvailles, comme deux individus séparés depuis trop longtemps qui se retrouvent.
Mais comme conséquence pratique, je pars en retard à mon travail et ma réunion hebdomadaire est déjà commencée. J'explique à l'oreille de mon directeur que j'ai essayé d'aller en salle de sport mais que ça me prend trop de temps ; je trouve mon explication pitoyable et dois faire avec...
Nous nous recontactons dans l'après-midi. Nous nous sentons mieux de nous être vus et nous convenons que la prochaine fois, nous essaierons vraiment de parler de nous, nous en avons de plus en plus besoin. Je luis propose de se voir le lendemain entre 17 et 19 heures, j'expliquerai à ma femme que je vais faire du VTT.
A la fin de la conversation, Fred me livre une dernière phrase qui m'atteint par surprise et qui agit sur moi comme une caresse pleine de douceur :
- ... pour finir, Zach, tu es vraiment un homme bien, je te trouve admirable. Je t'aime. bonne soirée...
Voilà, ce sont des mots tout simples mais c'est la femme que j'aime qui le dit avec son coeur et c'est ça qui m'est important.