mes choix de vie... mes décisions.. l'aventure extraordinaire que je vis...
Toulouse, le 22 octobre 2007
Je suis encore en formation pour 3 jours avec Fred. Comme d'habitude, je suis parti pour de faux en train et elle m'a récupéré pour de vrai en voiture à la gare suivante.
Nous somme arrivés le dimanche soir à l'hôtel, tout était tranquille et nous avons passé une agréable soirée en amoureux. Nous avons cette délicieuse impression d'être en vacances, loin du travail et des soucis. Bien évidemment, nous avons ensuite passé une partie de la soirée à faire l'amour intensément, physiquement, parfois brutalement.
Parfois, je suis collé contre sa poitrine, mon visage dans le creux de son épaule, l'empoignant par les cheveux et je ressemble à un hardeur en rut.
Parfois je me relève à moitié et je remonte ses jambes en les écartant pour la voir la plus offerte possible, pour me voir aller et venir en elle.
Souvent, je serre ses poignets dans mes mains et j'immobilise ainsi ses bras au-dessus de sa tête ou derrière son dos ; elle se laisse dominer quelques temps par plaisir puis résiste, se retire pour m'énerver et m'exciter et je dois lutter pour la reprendre.
Nous échangeons souvent notre position dominant-dominé pendant l'amour, elle aime s'asseoir sur moi, bouger son bassin d'avant en arrière pour utiliser mon sexe et se faire jouir et j'aime la voir m'utiliser ainsi pour son plaisir, voir ses sourcils se froncer et sa bouche s'entrouvrir juste avant son extase, sentir les sursauts de son orgasme.
Le mardi soir, comme chaque année, je suis allé avec Fred trouver un endroit tranquille au bord d'un canal et j'ai allumé une petite bougie en souvenir du Drakkar. Plus de 20 ans après, je m'en souviens comme si c'était hier. Il y a juste parfois quelques visages de camarades qui commencent à devenirs flous, des noms qui ne me reviennent pas de suite en tête.
La journée du mercredi par contre s'est mal passée. Fred a été particulièrement participative, communicante, elle a décrit avec beaucoup de conviction ce qui marchait bien dans les activités de son service. Cette débauche d'optimisme m'a déstabilisé, j'y ai vu mes propres limites professionnelles et personnelles que je commence à pointer. J'ai l'impression d'être à sa traine, comme un personnage de second-plan essayant de profiter un peu de son aura. J'ai fini par être envieux puis jalouser comme un enfant pauvre qui regarde son copain riche jouer avec des jouets couteux cette facilité qu'a Fred à gérer son travail et sa vie perso. Elle a fini par voir que je me renfermais, m'a interrogé mais comme je ne répondais que par quelques grognements m'a dit un peu vertement qu'elle allait me laisser ruminer dans mon coin ce qui n'a pas arrangé mon moral déjà dans les chaussettes.
Le soir, en revenant prendre nos affaires à l'hôtel, nous avons un peu discuté de cette histoire mais j'ai continué à faire la tête et Fred m'a dit qu'elle préférait rentrer avant que ça ne dégénère. En me disant cela, je lui ai répondu simplement "d'accord". Elle est donc sortie de ma chambre pour préparer ses affaires et j'ai préparé les miennes. J'ai passé quelques instants terribles en me disant qu'elle allait me quitter car je n'étais vraiment pas à la hauteur de son mode de vie puis je me suis un peu calmé et j'ai fini par être presque satisfait de lui avoir tenu tête, plus exactement de ne pas avoir dissimulé mes sentiments.
Après une heure de voiture silencieuse et tendue, j'ai fini par trouver les mots pour lui expliquer mon comportement, ma jalousie devant sa réussite professionnelle et la joie de vivre qu'elle avait alors que je ramais complètement dans ces deux domaines. Elle a semblé comprendre mon point de vue tout en me rappelant que ce n'était pas toujours si facile pour elle.
Nous avons ensuite diné dans un petit restaurant proche de la dernière gare avant Bordeaux afin que je reprenne le train.
Nous avons longuement discuté en nous avouant quelques petits secrets, elle m'a rappelé qu'elle aussi avait à mon encontre quelques blessures, comme ce 21 juin quand nous nous sommes croisés du regard lors de la fête de la musique.
Ce soir-là, son désarroi avait été tel de me voir avec ma femme qu'elle s'était par dépit laissé draguer par le serveur du restaurant où elle dinait et lui avait laissé son numéro ; mais bien qu'il l'ait contacté quelques fois, elle avait fini par lui dire de ne pas insister.
Nous nous quittons ensuite sur le quai de la gare. Pendant les derniers kilomètres, je repense à tout ce que Fred m'a transmis depuis quelques mois, sa vision de la vie, les interrogations que cela soulève en moi. Par petits bouts, les phrases et les idées traversent mon esprit.
Elle a eu de l'amour dans sa jeunesse même si c'est une enfant de divorcés et que les fins de mois étaient parfois difficiles. Cet amour lui a permis de se construire harmonieusement.
Elle essaie de voir le bon coté de la vie. Parfois, je trouve que cela relève plus de la méthode Coué et que c'est plus facile quand a eu une enfance heureuse et qu'on est belle, grande, blonde et intelligente. Mais au-delà de cet optimiste qui peut apparaitre béat, Fred à su me dire en quoi on peut voir le bon coté de la vie.
Ce sont les petits bonheurs du quotidien que l'on doit apprécier, nul besoin d'être Julie Andrews dans La mélodie du bonheur.
C'est ça que je pense avoir loupé dans ma vie ; profiter d'un moment de détente pour soi sans se traiter d'égoïste, jouer quelques instants avec mon fils sans regarder ma montre, profiter d'un bon film sans avoir l'impression de perdre mon temps, ne pas hésiter à discuter avec la personne derrière moi dans la file d'attente de la caisse du supermarché sans penser que c'est un idiot... et surtout, surtout, penser aussi "je" et non plus uniquement "couple" ou même "famille", je me suis trop sacrifié en pensant qu'en me consacrant uniquement à ma famille, ma femme, mon fils, mon boulot j'étais dans le vrai. J'étais simplement dans la fuite du "je", dans le fefus de penser un peu à moi, dans limpossibilité de me poser.
Je découvre seulement maintenant cette façon plus simple de profiter de la vie, j'en ai un peu marre de ne vivre que sur des projets ou dans les yeux des autres.