mes choix de vie... mes décisions.. l'aventure extraordinaire que je vis...
Vendredi 26 octobre 2007
Nous avons réussi à nous voir chez Fred pour déjeuner puis nous avons fait l'amour.
L'après-midi, en réunion, j'ai encore été incapable de dire trois mots mais je n'ai pas trouvé ça aussi grave qu'avant, je commence à accepter le fait de ne pas savoir réagir rapidement dans une discussion et d'avoir besoin de temps pour me préparer.
Le soir, je suis passé faire un saut chez ma mère pour commencer à préparer ma chambre. C'est celle de mes parents mais ma mère n'aime plus y dormir depuis qu'elle est veuve et elle s'est installée dans la chambre d'amis. J'ai donc une grande pièce à ma disposition et je pourrai installer aussi le petit lit pliant pour mon fils. Je reste assis quelques minutes en pensant à lui, en espérant que tout se passera sans trop de dégâts.
Ensuite, je me suis rendu chez mon psy non loin de là. Je lui raconte ma jalousie envers la réussite apparente de Fred ainsi que mon début d'acceptation à ne pas être un grand orateur en réunion. Elle pointe ce qui est à son sens des progrès : avoir des sentiments contradictoires à propos de Fred n'est pas un échec et même s'il n'y a pas lieu à être jaloux je peux ainsi lui montrer mes sentiments. Quand à l'acceptation, elle permet aussi de désacraliser un problème afin de l'aborder plus sereinement et trouver des solutions.
Je lui dis quand même ma peur de la perdre si je me confronte trop à elle mais ma psy me rappelle que Fred s'est intéressé à moi il y a de nombreux mois alors que je n'étais quand même pas au mieux et qu'elle n'a montré aucun signe de vouloir me quitter.
Je sors rassuré mais vidé de cette séance où j'ai mesuré encore une fois tout le chemin qu'il me reste à parcourir et où j'ai mis en lumière toutes mes zones d'ombre qui me déplaisent tant.
Samedi 27 octobre 2007
Le climat à la maison est un peu tendu, je dis à ma femme que je vais parler à mon fils de notre séparation.
Je le rejoins dans sa chambre. Comme toujours, j'ai envie de le prendre dans mes bras sans savoir si je cherche à le protéger ou au contraire je cherche à me nourrir de sa présence.
Je lui dis de venir s'asseoir avec moi sur le lit. Je dévore des yeux ce petit bonhomme qui me ressemble tellement et je lui explique que maman et moi nous allons nous...
- Ne le dis pas, ça commence par un D... ! m'interrompt-il.
Je suis surpris de la rapidité de sa réaction. Je lui explique qu'il s'agit d'abord d'une séparation, que sa mère et moi avons besoin de nous séparer car nous n'arrivons plus à nous entendre. Au bout de quelques minutes, je vois que ses yeux s'embuent quelque peu et je le rassure en lui expliquant qu'il n'y est pour rien et que c'est une affaire de grandes personnes, que nous l'aimons toujours autant, que tout va continuer normalement pour lui, que sa mère et moi serons toujours ensemble pour prendre les décisions le concernant et qu'il ne doit pas hésiter à nous poser des questions s'il en a.
J'ai eu plus tard Fred au téléphone, elle m'encourage et comprend la difficulté de ma situation. Pour la forme, elle m'invite à prendre un café avec sa mère qui est de passage mais je dois décliner l'invitation, je ne me sens encore pas assez libre de mes mouvements face à ma femme.
Dimanche 28 octobre 2007
J'ai réussi à voir Fred une heure en après-midi, elle était heureuse que je sois arrivé à me libérer.
Lundi 29 octobre 2007
- Tant pis pour toi, me répond-elle... Je mets quelques secondes à réagir.
- Tant pis pour nous, tu veux dire...
- Ouiiii, bien sur.
- On s'appelle tout à l'heure ?
- Ok, à tout'. Bises.
- bises.
Je raccroche mon portable et essaye de ne pas sentir la morsure dans la poitrine. "Tant pis pour toi". Fred part sur une formation de deux jours et me demandait si on pouvait la faire ensemble pour se retrouver tous les deux mais malheureusement je ne peux pas être disponible à cette date-là.
"Tant pis pour toi" m'a t'elle donc répondu sans méchanceté mais je l'ai pris comme une vexation, comme si c'était uniquement moi qui perdait à ne pas la voir. Je rumine dans ma tête mes sentiments : "Et Fred, alors, ce n’est pas tant pis pour elle ? Après tout? M'enfin ! Je suis aussi bien qu'elle ! Non ? Alors elle pourrait avoir de la peine un peu quand même ! Moi aussi, je peux lui manquer !".
Bien sur qu'elle n'avait pas de sous-entendu, peut-être avait-elle envie de me titiller un peu, mais en y réfléchissant, c'est ma propre dépendance qui m'énerve. C'est ça, je me sens tellement dépendant de Fred que je m'angoisse de la moindre alerte, que j'ai des réactions disproportionnées à la moindre phrase ; peut-être mes angoisses sont elles un fardeau un peu trop lourd à porter pour elle alors qu'elle a ses propres soucis à gérer.
Et pourtant, le soir même, nous discutons au téléphone comme si de rien n'était, notre conversation nous fait du bien, nous parlons de l'avenir, de notre futur familial.
- Et plus tard Fred, sérieusement, quand nous serons installer, tu voudrais bien m'épouser ? Je sens le petit silence surpris de Fred puis sa réponse m'arrive dans un souffle :
- Oh oui, mon amour, bien sur...
Mardi 30 octobre 2007
Nous avons déjeuné chez Fred et continué notre discussion de la veille au soir.
Le soir, je suis encore passé chez ma mère pour arranger ma chambre et une autre pièce qui pourrait me servir de petit bureau en installant une table ; j'ai même de la place pour un canapé et une petite télé pour voir un film le soir sans me retrouver dans la salle à manger avec ma mère.
Je m'aperçois que cette préparation me fait du bien : elle me permet de prendre mes marques, de réfléchir à la situation et l'organisation et me confirme dans l'idée que je suis quelqu'un qui a besoin de temps pour réagir à chaque situation, je suis plutôt diesel que turbo bien que je croyais le contraire il y a encore quelques mois.
Même si mes conversations avec ma mère se passent plutôt bien depuis son nouveau traitement, je suis quand même inquiet : comment va-t-elle gérer toute cette prochaine activité ? Comment va-t-elle la supporter ? Je peux aujourd’hui discuter avec elle car je prend sur moi de parler calmement, de ne pas rentrer dans des polémique mais je pense que la gestion avec mon fils sera une pour elle une autre paire de manches...
En attendant ce jour prochain, je suis allé le récupérer à la sortie de l'école : quel plaisir de s'occuper de lui pour les petits actes du quotidien, l'écouter me raconter sa journée, le voir tout sérieux quand il m'explique qu'il a une tactique pour faire de bons échanges de cartes Pokémon avec ses copains ou le voir rire en m'expliquant qu'il envoyé le ballon de foot sur le toit de l'école. J'apprécie ces moments-là maintenant autant qu'une heure de jeu avec lui.
Mercredi 31 octobre 2007
Je déjeune chez Fred et nous faisons l'amour.
Avant de partir, mes vieux démons reprennent le dessus car je râle dix minutes contre une réunion à laquelle je n'ai pas du tout envie de participer.
Jeudi 1er novembre 2007
J'ai passé l'après-midi chez ma mère en arrangeant encore une fois ma future chambre. Elle (ma mère) semble toujours aller bien.
Le soir, je pars avec ma femme et mon fils diner chez la sœur d'une amie et la soirée se passe ainsi tout doucement.